ÉGLISE CATHÉDRALE DE NOTRE-DAME . 23
On s’efforça de combler les vides qui avaient été ainsi faits dans la librairie.Le Moustardier mourut en 1 435, et eut pour successeur le chanoine J. Guil-laume, qui dut faire serment de conserver fidèlement les clefs de la bibliothèqueet de s’acquitter de ses fonctions le mieux possible, juravit clavesfideliter scrvare etde libris debitum suum facere ut melius poterit; c’est la première fois que nous voyonsle Chapitre faire précéder de cette formalité l’installation dun bibliothécaire.
En 1 438, un chanoine, nommé Clément de Faulquenbergue, laissa quelquesouvrages à l’église (1 b Mais il y a toute apparence que de nouvelles soustractionseurent lieu; car, en février î hhlx, deux chanoines furent chargés défaire une en-quête à ce sujet; et, l’année suivante, le Chapitre désigna trois de ses membrespour dresser l’inventaire des livres qui restaient dans la bibliothèque et pour opérerle recouvrement de ceux qui pourraient être retrouvés. Il arrêta aussi que leschanoines seuls posséderaient, à l’avenir, une clef de la librairie, et le clerc de lafabrique dut reprendre celles qui avaient été confiées à d’autres personnes. 11était temps d’adopter des mesures énergiques : le chancelier, qui, nous l’avonsdit, était responsable des manuscrits de l’église®, commençait à regarder cettecharge comme fort lourde, et mettait à l’accomplir beaucoup de mauvaise volonté.Le désordre, d’ailleurs, était extrême, car, autant qu’on peut le conclure d’unephrase assez obscure du manuscrit cité à la fin de ce chapitre, on retrouva dansl’église même des livres qu’on supposait avoir été dérobés.
A partir de cette époque, nous voyons cependant le Chapitre demander assezfréquemment des inventaires, et tenir la main à ce que les volumes soient, autantque possible, tous enchaînés dans la librairie. Au reste, les donations continuaient.En 1 458, l’ex-chancelier Robert Ciboie® léguait à l’église les œuvres de saintThomas, celles de saint Bernard et deux autres volumes, parmi lesquels se trou-
tfgato Apostolicæ Sedis, tabulas diræ proscriptio-«nis censuræque pontificiæ, anno î h 3 3 , 29 julij,«quibus raptores detentoresque librorurn aliarum-n-que rerum ecclesiæ Parisiensis christianis sacristtinterdicerentur.» (Cl. Réméré, De academia Pari-siensi, p. 58 .) — Ce fait est rapporté aussi parCl. Joly, dans son Traité des écoles épiscopales,p- 263.
(l> Ce legs n’est mentionné nulle part, mais nousavons trouvé la note suivante sur quelques manus-crits du fonds de Notre-Dame à la Bibliothèque im-périale : «En 1 li 38 , Clément de Falcaberga, cha-noine, a légué ce livre à l’église de Paris . »
<2> Les autres biens appartenant à la cathédraleétaient plus spécialement confiés à la garde de l’é-vêque. En 1268, on avait dérobé dans l’église deuxchandeliers d’argent, et celte affaire avait excité degraves démêlés entre le Chapitre et l’évêque, auquel
on prétendait faire payer les objets volés : «... ortacresset materia questionis super hoc, quod ipsi de-(tcanus et Capitulum dicebant ornamenta, vasa, etrralias res ecclesie Parisiensis, exislentia sive exis-tantes in capicio ecclesie Parisiensis, pertinere adcrcustodiam ipsius episcopi; etideo, cum nuper, detrsex lampadarijs argenteis existentibus in dicto capi-tt cio, duo lampadaria argenlea amissa seu sublractatrfuissent, peterent ipsi decanus et Capitulum, uttrdiclus episcopus dicta duo lampadaria redderet autttreddi faceret . . .* ( Parvum Pastorale ecclesiæ Pa-risiensis. )
(3> En 1 h 5 2, il avait renoncé à la chancellerie, etétait devenu camérier de Nicolas V , puis doyend’Evreux . Il fut un des légistes consultés sur la ré-habilitation de Jeanne d’Arc , et donna un avis favo-rable. (Voy. Duboulay, Ilistoria universilatis Pari-siensis, t. V, p. 600.)