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Tome premier.
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COLLEGE DE SORBONNE.

Voici la première fois que cette expression de libri impressi figure dans notretexte; mais nous allons voir que, depuis longtemps déjà, la Sorbonne devait pos-séder plus d’un précieux spécimen de l’admirable découverte de Gutenberg . Ilnous faut pour cela revenir de quelques années en arrière.

II.

Le plus ancien livre imprimé qui porte une date certaine est le Psautier deMayence exécuté par Gutenberg , Fust et Schæffer en ikh^. Douze ans après,la France ne renfermait encore aucun établissement typographique. L’initiativepartit de la Sorbonne, qui devait dans la suite se montrer si ardente persécu-trice de l’imprimerie. Le prieur Jean Heynlin ou de la Pierre W et le bibliothé-caire Guillaume Fichet ® eurent le courage de braver la résistance qu’oppo-saient à l’introduction de l’art nouveau près de six mille industriels, copistes,enlumineurs, etc. En 1/169, ils appelèrent de Mayence Ulric Gering®, MichelFriburger et Martin Crantz, et les installèrent dans le local même de la Sorbonne.C’est là, in œdibus Sorbonœ, que parut, en 1/170, le premier livre imprimé àParis, les lettres de Gasparino de Bergame, revues et publiées par Jean Heynlin ,sous ce titre : Gasparini Bergamensis epistolarum opus, per Joannem Lapidarium,Sorbonensis scholæ priorem, multis vigiliis ex corruplo integrum effeclum, ingeniosa arteimpressoria in lucem redactum. On trouve à la fin de ce volume huit vers qui célè-brent la gloire de la Ville de Paris et l’hospitalité accordée par elle aux trois im-primeurs mayençais : «Protectrice des Muses, royale cité de Paris , toi qui ré-«pands la lumière de la science sur tout l’univers, comme le soleil l’éclaire de«ses rayons, accueille cet art d’écrire, invention presque divine, que l’Allemagne «vit naître, et qui te revient de droit. Voici ces livres, premiers produits créés«par notre industrie sur la terre de France , et dans ton palais; maître Michel,«maître Ulric, maître Martin les ont imprimés, et vont en exécuter d’autres < 4) .

rrqui cum in juventute sua moram faceret in liacrr flomo, ipse cum quibusdam aliis rapuerunt aiiquosiriibros et alienaverunt : quoque quod de dicta pe-f'eu nia emerentur libri impressi aut alii, si pos-rrsertt inveniri in bono foro.» ( Regesta priorum Sor-bonœ, p. 161.)

(1> rrlncipît prioratus magistri Joliannis de La-*pide, Alemani , anno Domini 1467.» [Regestaprio-rum Sorbonœ, p. 108.) — «Iucipit prioratus ma-ffgistri Joliannis de Lapide, Alemani , anno Domini«ik-jo.-n [Regesta priorum Sorbonœ, p. 111. — Rfut bibliothécaire en 1 4 71, Regesta , etc. p. 11 5 .

<2) trAnno Domini i 468 , die annunciationis B.«M. V. fuit electus in parvum librarium magister

«nosterGuillielmus Vicheti. » [Regestapriorum Sor-bonœ, p. 110. )

(3) Le nom de Gerîng n’a pas été plus respectéque celui de G. Fichet dans nos registres, car onl’appelle indifféremment Gerinx, Guerinch, Guering,Guerincg, Guérin, Guarin, etc.

<•> Di sol lumen, sic doctrinam fundis in orbem,

Musnrum nulrix, regia Parisius.

Hinc prope divinam tu, quani Germania novit,

Artem scribendi suscipe, promorita.

Primos ecce libros quos hæc industria finxitFrancorum in terris, œdibus atque tuis.

Michael, Udalricus Martinusque magistrinos impresserunt, etfacient alios.

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