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Tome premier.
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LES ANCIENNES BIBLIOTHÈQUES DE PABIS.

EXTRAIT

DU

TESTAMENT DU CARDINAL DE RICHELIEU^.

Pardevant Pierre Falconis, notaire royal en la ville de Narbonne , fut présent en sa personneEininantissime Armand Jean du Plessis, cardinal duc de Richelieu et de Fronsac , pair de France,commandeur de l’ordre du Sainct Esprit, grand maislre, chef et surintendant general do la navi-gation et commerce de ce royaume, gouverneur et lieutenant general pour le Roy en Bretagne ;lequel a fait entendre au dict notaire l’avoir mandé en l’hostel et la vicomté de la dite ville, oùil est à présent en son Uct malade, pour recevoir son testament et ordonnancé de derniere vo-lonté en la maniéré qui ensuit.

Je Armand Jean du Plessis de Richelieu, cardinal de la saincte Eglise Romaine , déclaréqu’ayant plû à Dieu , dans la grande maladie en lacpielle il a permis que je sois tombé, de melaisser l’esprit et le jugement aussi sains que je les ay jamais eus, je me suis résolu de faire montestament et ordonnance de derniere volonté.

Lors que mon ame sera séparée de mon corps, je desire et ordonne qu’il soit enterré dans lanouvelle eglise de la Sorbonne de Paris , laissant aux exécuteurs de mon testament cy aprèsnommez de faire mon enterrement et funérailles ainsi qu’ils l’estimeront plus à propos.

Je donne et légué à Madame la Duchesse d’Eguillon, ma niece, fdle de defunct René de Vi-gnerot et de Dame Françoise du Plessis, ma sœur aisnée, outre ce que je luy ay donné par soncontractde mariage, et en ce que je l’institué mon heritiere, sçavoir : la maison où elle loge àprésent, vulgairement appellée le Petit Luxembourg, seize au faux bourg S. Germain, joignantle Palais de la Reine Mere du Roy.

Item, je donne et légué audit Armand de Vignerot, mon petit nepveu, aux clauses et condi-tions des institutions et substitutions qui seront cy apres apposées, ma bibliolecque, non seulle-ment en l’estât auquel elle est à présent, mais en celuy auquel elle sera lors de mon deceds,déclarant que je veux que elle demeure au lieu où j’ay commancé à la faire baslir dans l’hostelde Richelieu, joignant le pallais Cardinal : et d’autant que mon dessein est de rendre ma biblio-leque la plus accomplie que je pourray, et la mettre en estât quelle puisse non seullement ser-vir à ma famille, mais encores au publicq, je veux et ordonne qu’il en soit fait ung inventaire gene-ral lors de mon decedz par telles personnes que mes exécuteurs testamentaires jugeront àpropos, y appellant deux docteurs de la Sorbonne, qui seront députez par leur corps pour estrepresens à la confection dudit inventaire ; lequel estant fait, je veulx qu’il en soit mis une coppieen ma bibliolecque, signée de mesdits exécuteurs testamentaires, et desdits docteurs de laSorbonne, et qu’une autre coppie soit pareillement mise en ladite Maison de Sorbonne, signéeainsy que dessus.

Et affin que ladite bibliolecque soit conservée en son entier, je veux et ordonne que leditinventaire soit recollé et veriffié tous les ans par deux docteurs qui seront députez de la Sor-

Copie sur papier, xvn 0 siècle. Archives de 1 Empire, sérieS, carton n° 6212. Voyez ci-dessus, p. 265et suiv.