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LES ANCIENNES BIBLIOTHÈQUES DE PABIS.
« tant plus admirable quelle est generalle par tout l’Ordre : lesquels religieux«Dieu n’a point voulu qu’ils soient affligez et inquiétez de ces puantes bestioles«appellées punaises, et en a exempté toutes leurs cellulesW. n
Les Chartreux, il faut le dire, paraissent sous bien des rapports avoir méritécette prérogative. Pendant longtemps, l’amour des livres les fît seul déroger par-fois au vœu de pauvreté qu’ils s’étaient imposé; et l’on raconte que Gui, comtede Nevers, leur ayant offert des vases d’argent, ils l’avertirent qu’ils préfére-raient du parchemin®. Aussi Guibert de Nogent pouvait-il, dès le xn e siècle, diredes Chartreux de Grenoble : «Ils se soumettent à une étroite pauvreté, et en«même temps ils amassent une opulente bibliothèque : moins ils possèdent de«pain matériel, et plus ils prodiguent leur peine pour acquérir cette nourriture«qui ne périt point, mais qui dure éternellement®. »
La première Règle qu’ait eue les Chartreux fut rédigée, en 111 o, par Guigues,leur cinquième prieur. C’est un document précieux pour l’histoire littéraire decette époque : outre qu’il montre l’importance attachée déjà par ces religieux àl’étude et à l’instruction, on y trouve une liste très-complète des instrumentsdont se servaient alors les copistes dans les couvents. Pour expliquer la présencede cette énumération, rappelons que, les Chartreux ne devant jamais quitter leurcellule, on avait soin de réunir dans chacune d’elles tous les objets de premièrenécessité, même le petit nombre d’ustensiles avec lesquels ils étaient tenus de pré-parer leur nourriture. La Règle de Guigues s’exprime ainsi® :
ffour écrire, qu’ils aient de l’encre, de la craie, deux pierres ponces, deux encriers, un canif,deux rasoirs ou grattoirs pour racler le parchemin, un compas, un poinçon, un fil à ploînb,une règle, une planche à régler, des tablettes et un style. Si un frère a une autre profession(ce qui arrive rarement chez nous, car, autant que possible, nous enseignons l’écriture à
(l) Malingre, Les anliquitez de la ville de Paris,p. 4 1o.
(3) Millin, Antiquités nationales, ou recueil demonuments, etc. t. V, p. 67.
(3) rr Cum in omnimorla paupertate se déprimant,«ditissimam tamen bibliothecam coaggerant : quo«enim minus panis liujus copia materialis exubé-rant, lanto magis illo qui non périt, sed æternum«permanet, cibo, operose insudant. » (Guiberlus deNovigenlo, De vila sua, lib. 1 , cap. xr.)
(i) tt II. A d scribendum vero, scriptorium, crelam ,«pumices duo, cornua duo, scalpellum unum, adradenda pergamena novaculas sive rasoria duo,* punctorium unum, subulam unam, plumbum ,regulam, postera ad regulandum, tabulas, gra-«phium. Quod si irater alterius artis fuerit (quod" n pud nos raro valde contingit, omnes enim penenquos suscipimus, si fieri potest, scribere doce-
trmus), babebit artis suæ instrumenta convenientia.
fflll. Adhuc etiam Iibros ad legendum de arma-«ri0 accipit duos, quibus omnem diligentiam cu-rrramque præbere jubetur, ne fumo, ne pulvere,«vel aliaqualibet sorde maculentur. Libros quippe,«tamquam sempiternum animarum nostrarum ci-«bum, cautissime custodiri et studiosissime volu-« mus fieri ; ut, quia ore non possumus, Dei verbum«manibus prædicemus.
«IV. Quot enim libros scribimus, tôt nobis veri-fftatis præcones facere videmur, sperantes a Domino«mercedein pro omnibus qui per eos vel ab errore«correcli fuerint, vel in catholica veritate profece-m’int, pro cunctis etiam qui vel de suis peccatis et<r vitiis compuncti, vel ad desiderium fuerint patriæ«cœlestis accensi.n
{Consueludines Domni Guigonis, prions Carthusiœ;caput xxvii , De uslensilibus ccllœ.)