MONASTÈRE DES CHARTREUX. 325
presque tous ceux que nous recevons), on lui fournira les instruments nécessaires à l’exercicede son arl.
Il reçoit encore, pour lire, deux volumes de la bibliothèque; il est tenu de les conserver avecune attention et un soin extrêmes, de peur que la fumée, la poussière ou toute autre souillurene les salisse. Nous voulons, en effet, qu’une prudence et un zèle minutieux soient apportés à lagarde et à la confection des livres, éternelle nourriture de nos âmes; afin que, dans les momentsoù nous ne pouvons honorer la parole de Dieu par nos lèvres, nous le fassions au moins parnos mains.
Autant nous écrivons de livres, autant nous créons à notre profit de panégyristes de la vé-rité, et nous espérons du Seigneur une récompense proportionnée au nombre de ceux qui aurontété, par eux, ramenés de leurs erreurs ou affermis dans la foi catholique, de ceux mêmequi auront eu honte de leurs péchés et de leurs vices, ou qui auront été enflammés du désir dela patrie céleste.
Un article, ajouté plus tard, régla les mesures à prendre pour empêcher lalecture des livres défendus, cc Considérant le danger qu’offre pour les âmes de tousce les hommes, à quelque état et à quelque condition qu’ils appartiennent , la lec-cc ture et l’usage des ouvrages défendus, nous ordonnons que chaque prieur visitecc ou fasse visiter, avec tout le soin possible, tous les livres qui se trouvent danscc leur couvent h). »
L’austérité des Chartreux devint, avec le temps, plus apparente que réelle. Dèsle xvn e siècle, chaque religieux avait son domestique ; les cellules s’étaient méta-morphosées en appartements fort commodes et composés de trois pièces; la plusreculée servait de chambre à coucher, la seconde de salon cc pour recevoir les amis, yla première enfin était le cabinet de travail, et on y voyait une bibliothèque®.C’est ce qui a fait dire à Michel de Marolles :
Derrière Luxembourg, les Chartreux solitaires,
Après avoir long temps prié Dieu de concert,
Assemblez à l’église où leur cœur est ouvert,
Ont leur provision de livres necessaires.
Ils en ont donc beaucoup ; car beaucoup de cellulesSe trouvent dans leur cloistre où tout est en repos,
Sans bruit que de la besche <3) , ou du tout à propos,
Hors les jours qu’on pourroit en faire des scrupules (4) .
Chacune de ces bibliothèques avait, au reste, fort peu d’importance. Celle de
(1) rcAnimadvertentespericulum animarum quodrr omnibus, omnium statuum et conditionum, homi-cmibus provenit ex prohibitorum librorum lectionefret usu, ordinamus quod omnes priores libros om-rmes, qui in suis domibus habentur, quam dili-rrgentissime fieri poterit, per se aut alios ex suisrr idoneos visitent. n (Nova collectio statut, ord. Carthus.pars II, caput iii , S 18 , p. 19 , De officio prions. )