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LES ANCIENNES BIBLIOTHÈQUES DE PARIS .
Dom Montanier, par exemple, qui mourut au couvent le 2 3 décembre 1791, com-prenait seulement, suivant l’inventaire officiel, 3 k volumes in-folio, 2 k in-quarto,et 100 de différents formats, et reliés tant en veau qu’en parchemin, et traitantce divers sujets de dévotion, prisé le tout ensemble 90 livres ('lu Ce ne peutdonc.être à ces petites collections qu’ont fait allusion les écrivains qui ont parlédelà te célébrité ® d et des richesses® de la bibliothèque des Chartreux. Il y avaiten effet dans le couvent, outre ces collections particulières, une bibliothèquecommunej qui était placée à la suite de l’appartement occupé par le prieur; ellecomprenait trois salles, et renfermait, aux termes de la déclaration du prieur,1,800 volumes in-folio, 7 à 800 in-quarto et 1,800 in-octavo et in-douze®; onn’v voyait aucun manuscrit ancien, mais parmi les in-folio figuraient un grandnombre d’ouvrages d’architecture et de recueils d’estampes®.
Lorsque, en 1791, Ameilhon , bibliothécaire de la municipalité, se présenta aucouvent pour saisir la bibliothèque, le prieur s’efforça de présenter cette collec-tion comme lui appartenant et ne tombant pas plus sous le coup de la loi que leslivres trouvés chez chaque religieux. Cette allégation était fausse de tous points.Les volumes déposés dans les cellules étaient si bien la propriété du monastère,qu’à la mort d’un religieux ils se transmettaient à son successeur en même tempsque la cellule, ou bien étaient réunis à la bibliothèque du prieur. Celui-ci déclaraen outre que, te de notoriété constante dans la maison, il avoit acheté de ses denierstfpersonnels, et à l’instant de sa profession, pour i, 5 oo livres de volumes, quicccomposoient la majeure partie de sa bibliothèque®. ■» L’insistance des Chartreuxparut d’abord devoir obtenir quelque succès; et, comme le prouve la pièce sui-vante, Ameilhon hésita à opérer la saisie.
Lan mil sept cent quatre vingt unze, le mardy neuf août, neuf heures du matin, nous Lau-rent Stouf, officier municipal, assisté de M. Hubert-Pascal Ameilhon , bibliothécaire de la muni-cipalité et commissaire en cette partie, nous sommes transportés en la maison des ci-devantChartreux; où étant, s’est présenté DomFélix de Nonant, supérieur de ladite communauté, auquelnous avons fait part du sujet de notre mission, en lui demandant de nous introduire dans labibliothèque de la communauté. Sur quoi, il nous a déclaré qu’il n’existoit aucune bibliothèquecommune à l’usage de la communauté; que chacun des religieux avoit seulement une modique
Inventaire des biens meubles de Dom Montanier.Archives de l’Empire, série S, carton n° 3 9 48.
m L. Jacob, Traictê des plus belles bibliothèques,p. 5o4.
(3) Leprince, Essai historique sur la bibliothèquedu roi, p. 364.
<4) Déclaration de Félix Prosper de Nonant, prieurde la Chartreuse de Paris , 3 mars ijqo. Archivesde l’Empire, série S, carton n° 3g48.
(s) Notte des livres de principes d’architecture,
grands atlas, histoires romaines et autres, contenantdiverses estampes précieuses, trouvés chez, les RP.PP. Chartreux de Paris , dans la bibliothèque atte-nante à l’appartement de Dom Prieur; la majeurepartie desquels est en volumes in-folio. ( j 60 volumesenviron.) Archives de l’Empire, série S, cartonn° 3948 .
<6) Inventaire du mobilier et effets précieux de laMaison des Chartreux. Archives de l’Empire, sé-rie S, carton n° 3g48.