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Tome deuxième.
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LES ANCIENNES BIBLIOTHÈQUES DE PABIS.

Gilles Malet, valet de chambre préféré h), puis maître d’hôtel de Charles V , joignità ces titres celui de bibliothécaire; et il dressa, en 1878, un inventaire des livresdont il avait la garde. Ce travail, qui est conservé à la Bibliothèque impériale^,forme un volume in-folio de 180 feuillets; il est en papier, écrit en lettres de noteà longues lignes, et relié en maroquin rouge aux armes de France .

Le titre, en lettres de forme, est ainsi conçu : «Cy après en ce pappier sont«escrips les livres de très souverain et très excellent prince Charles, le Quint de« ce nom, par la grâce de Dieu Roy de France , estans en son cbastel du Louvre, encrtroiz chambres l’une sur l’autre. L’an de grâce m.ccc.lxxiii. Enregistrés de son« commandement par moy, Gilet Malet, son varlet de chambre. ■» Cinq lignesd’une autre écriture portent ces mots : « Les livres contenus cy après en ce livre«ont estés inventoriés par maistre Jehan Blanchetd 1 * 3 * (S) ), secrettaire du Roy, du com-« mandement de mons. de Bourgoigne, le vj° de novembre mil ccc mj xx . Et tous y« ont estez trouvez, exceptez ceulz qui sont signez et escrips sur les marges avoir« estez bailliez par le Roy, dont Diex ait lame. Et ce fait ledit maistre Jehan a prise«la clef desdictes uj chambres, et portée au Roy avecques un roule W qu’il a fait« de la coppie des diz livres. •» Enfin au-dessous : « Plusieurs des livres cy après«contenus ont esté recouvers depuiz que ce présent inventaire fu fait, si que il« ne se fault pas arrester aux couverturez. •»

Gilles Mallet consacre à chaque salle un chapitre spécial. La «première chambre«par bas» renfermait 27/1 manuscrits; la «chambre du milieu ,n 255 , et la «uj e«chambre au plus hault.n hhk\ ce qui donne un total de 973 volumes.

Ce catalogue est un document précieux pour notre histoire littéraire. O11 ytrouve des Bibles latines et françaises, des Missels, des Psautiers , des Heures, desBréviaires; la Légende dorée, les Vies des Saints, des relations de miracles; peud’ouvrages des Pères, mais un grand nombre de traités d’astrologie, de géoman-cie et de chiromancie, sciences dans lesquelles Charles V avait une grande foi. Lamédecine comprenait seulement quelques ouvrages d’Hippocrate , des fragmentsd’Avicenne et des traductions de l’arabe. La jurisprudence était représentée parles Décrétales, le Digeste et trois ou quatre coutumes de diverses provinces.Les livres d’histoire étaient assez nombreux. La plupart de ces volumes contenaientd’ailleurs de magnifiques miniatures, étaient revêtus de riches étoffes et garnisde fermoirs en métal précieux^. Aussi Christine de Pisan parle-t-elle avec admi-

(1) tr Le roy Charles avoit un sien varlet de« chambre, lequel, pour cause que en lui savoit« plusieurs vertus, moult amoit. Celluy, par especial

rtsur tous autres, souverainement bien lisoit et

rrponctoit, et entendens bonis estoit.» (Christine dePisan , Le livre, des fais et bonnes meurs du sage roy

Charles, 3 ° partie, cliap. xxi.)

(S) Ce manuscrit appartenait, au commencement

du xvii' siècle, à l’archevêque de Rouen ; il passa delà dans la bibliothèque de Colbert , où il était enre-gistré sous le n° 1008. Acquis par le roi, il lutd’abord coté 8354 :l ; il l'ait aujourd’hui partie dufonds français , et porte le n° 3700.

(:1) Voyez ci-dessous, p. 119.

(,|) Voyez ci-dessous, p. îao.

(5) De tous tries lieurs de livres n qui ont travaillé