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Tome deuxième.
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LES ANCIENNES BIBLIOTHÈQUES DE PABIS.

«■de me rendre les clefs d’icelle librairie, et remettre en la dicte librairie les livres«d’icelle si aucuns en avoit pris, et le dict président m’a seulement rendu les clefs«disant qu’il n’avoit pris aucune chose dedans la dicte librairie -n

On voit que, dans cette nouvelle rédaction, Gosselin passe sous silence le rôlesi honorable qu’il avait auparavant attribué à Barnabé Brisson . Gosselin avait sansdoute été trompé, comme bien d’autres, par la conduite dissimulée du savantprésident, qui, au dire de Mezeray, s'efforça, pendant la Ligue, de «nager entre«deux eaux,n soutenant tout haut les Seize et protestant en secret de son atta-chement au roi; on sait d’ailleurs que cette politique ne lui réussit guère. S’ilfaut en croire quelques écrivains, pas plus que le président de Nully, il ne res-pecta la bibliothèque; mais il mit moins de franchise dans ses vols et se gardabien de renverser aucune muraille. Suivant l’abbé Tricaud, Brisson alla prendredes livres àla bibliothèque, et, «les ayantportez chez lui, suivantsa coutume, pour«les examiner plus à loisir, et dans le dessein de les remettre ensuite à leur rang,«fut prévenu par la mort. . . ; et sa veuve, qui trouva ces livres parmi ceux de«son mari, sans demêler s’ils estoient de la bibliothèque Boyaleou non, les vendit«avec les autres ®.v Scaliger dit tout crûment que Brisson emporta chez lui unebonne partie de la bibliothèque du Roi, et que sa veuve les vendit ensuite pourpresque rien, pour un morceau de pain (3) .

Amyot était mort pendant l’année qui précéda ces événements, et Jacques-Au-guste de Thou , un des hommes les plus instruits et un des caractères les plusrespectés du xvi e siècle, venait de lui succéder. Les dangers qu’avait courus la bi-bliothèque au milieu des derniers troubles déterminèrent Henri IV à la transporteren un lieu plus sûr. Des lettres patentes du iâ mai 1 5 g 6 , qui ne purent d’ail-leurs recevoir leur exécution qu’en mai 1 5 9 5, ordonnèrent qu’elle serait installéerue Saint-Jacques, dans les bâtiments du collège de Clermont, aujourd’hui lycéeLouis-le-Grand w . II appartenait aux jésuites, qui, chassés de France à la suite del’attentat de Jean Chaste!, venaient de l’abandonner; eux-mêmes avaient réunidans cette maison une bibliothèque composée d’au moins vingt mille volumes,

(1) Ensuit une remonstrance touchant la garde dela librairie du Boy, addressée à toutes personnes quiayment les lettres, par Jean Gosselin, garde d’icellelibrairie.

(!> Essais de littérature pour la connaissance deslivres, t. I, p. ib.

(3> rrBarnabas Brissonius bonam partem libro-«rum regiorum in domum suam iransLulit. Postrrcasum ejus, vidua avara frusto panis, si ita loquifas est, divendidit.n (Jos. Scaliger, Epistolw, lib. I,epist. Lxiu.)

tfDu niercredy iv octobre. La Cour, après avoirrroy les commissaires commis par icelle, qui ont

trfaict procéder aux réparations de ce qui estoit né-cessaire au college de Clermont , pour y mettretria bibliothèque du Roy, a ordonné et ordonne quedes deniers procédons de la vente des meublesrrdes Jesuistes et revenus des immeubles, les mas-(f sons, menuisiers, charpentiers, serruriers et autrestrmanœuvres qui ont travaille' ausdits ouvrages,b réparations, et ce qui a esté faict de l’ordonnancerrdesdicts commissaires, seront les premiers et avantrrlous autres payez de leurs ouvrages, salaires,rc ete.. . . «( Destination du collège de Clermont pourla bibliothèque du Boy, dans Félibien , Histoire deParis , t. V, p. 28.)