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Tome deuxième.
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BIBLIOTHÈQUE DU ROI.

qui furent en grande partie dispersés(‘b La seule acquisition importante que fitla bibliothèque du Roi pendant son séjour dans ce local eut pour objet les manus-crits provenant de la succession de Catherine de Médicis .

Le cardinal Ridolfi, neveu de Léon X , avait possédé une riche bibliothèque,presque exclusivement composée de manuscrits; après sa mort, elle fut achetéepar le maréchal Strozzi®. Celui-ci périt au siège de Thionville en juin 1 558 ;il laissait un fils, à qui Catherine de Médicis , sa parente éloignée, enleva la col-lection, en donnant pour prétexte que celle-ci provenait de la bibliothèque desMédicis^, et en promettant d’ailleurs de la payer un jour, ce qu’elle se garda biende faire^. Catherine mourut perdue de dettes; on ne trouva rien chez elle, ditBrantôme, arien, pas mesme un seul sol.. . elle estoit endebtée de huit cent millecr escus( 1 * 3 * 5 h i> A cette époque, la collection se composait de huit cents volumes en-viron; Jean-Baptiste Benciveni^, abbé de Bellebranche, aumônier et bibliothé-caire de Catherine, les avait apportés du château de Saint-Maur, et les gardaitchez lui rue Plâtrière Jacques de Pleurs et Barnabé de Ceriziers, maîtres de lachambre des comptes, chargés de faire l’inventaire de tous lesbiens meubles laisséspar la reine, dressèrent aussitôt (19 août iSBq) la liste de ces manuscrits, quifurent confiés à la garde de l’abbé de Bellebranche. Mais les nombreux créanciersde la reine ne voulaient pas laisser échapper ce gage précieux; ils firent mettre lesscellés sur les manuscrits, et ceux-ci allaient être vendusM, quand le présidentde Thou intervint, déclarant qu’ils devaient faire retour à la couronne. PierrePithou rédigea une déclaration W, aux termes de laquelle le roi ordonnait a queff tous les anciens exemplaires hebreux, grecqs, en latin et en françois, italiens etrcautres, trouvez entre les meubles de la deffuncte royne, mère des rovs ses pre-

(1) Voyez ci-dessous notre notice sur la biblio-thèque du collège Louis-le-Grand.

<!) rrll paroissoit bien aussy que ce grand capi-taine estoit bien amateur des lettres, car il a voit"une 1res belle bibliothèque de livres. Je ne diray'"pas de luy comme le bon rompu le roy Louis XI di-"Soit d’un prélat de son royaume, qui avoit unetrès belle librairie et ne la voyoit jamais, qu’ilr ressemblent un bossu qui avoit une belle grosser bosse sur son dos et ne la voyoit pas. Mais M. lerrmareschal visitoit, voyoit et lisoit souvant sa bellelibrairie ; elle estoit venue du cardinal Ridolphe,tr et acheptée apres sa mort, qui estoit un très sçavant"•prélat. Elle estoit estimée plus de quinze milleaescus pour la rareté des beaux et grands livres"•qui y estaient. » (Brantôme, Vies des grands capi-taines, édit. Jannet, t. Il, p. a h 9.)

(3) L. Jacob, Traiclé des plus belles bibliothèques,

p. h 58 . — Catherine était fille de Laurent de Mé-

dicis . qui avait, en effet, acheté plusieurs de ces

manuscrits après la prise de Constanlinople parMahomet II .

<4) rrDu despuis la mort dudict rnareschal, la roynerrmere la retira, avecque promesse d’en rescompan-tfser son fils et la luy payer un jour; mais jamaistr il n’en a eu un seul sol. Je sçay bien qu’il m’en a dictrrd’aulres fois, en estant mal contant.» (Brantôme,Vies des grands capitaines, t. II, p. 269.)

(5) Brantôme, Vies des dames illustres, 1. 1 , p. 85 .—Vovez Debtes et créanciers de la royne mère Catherinede Médicis, documents publics par l’abbé C. Che-valier, 1862, in-8°.

(6) Le nom de ce personnage a été fort défiguré :le Parlement l’appelle Bencheimy, Féîibien Bene-mouy, L. Jacob Bencicigni, Maichelius Beneiregnius,et M. B. Hauréau, Bencivcnny.

m Histoire de la bibliothèque du Boy , manuscritde la bibliothèque Sainte-Geneviève.

(8> Grosley, Vie de P. Pithou, 1. 1 , p. 3 2 4 .

m Grosley, ibid.