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LES ANCIENNES BIBLIOTHÈQUES DE PARIS .
qu’en 1619 un couvent de Feuillants ayant été fondé à Tours , les religieux de larue Saint-Honoré donnèrent à leurs nouveaux confrères des chandeliers, desornements d’autel, des croix et «quelques livresW.n
Vingt ans après, le P. Jacob citait avec éloge la bibliothèque des Feuillants etla déclarait « très-jolie 1 (2) 3 4 . d Elle devait alors ses principales richesses à un béné-dictin^, appelé Jacques le Bossu, d’abord précepteur du cardinal Henri de Guise ,et qui, pendant la Ligue , s’était fait une certaine réputation comme prédicateur.Il mourut à Rome le 7 juin 1626, et laissa par testament à son ami D. Sans deSainte-Catherine, religieux feuillant, tous ses livres, ainsi qu’un grand nombrede pièces manuscrites fort curieusesW; on y remarquait entre autres troisvolumes in-quarto renfermant le récit complet de ce qui s’était passé dans lacongrégation de Auxüiis, à laquelle le P. le Bossu avait assisté par ordre deClément VII ( 5 b
En 1602, une nouvelle donation vint enrichir cette bibliothèque d’ouvrages quise rencontraient assez rarement dans les couvents. Un ministre protestant, nomméde Vassan, se convertit au catholicisme et entra chez les Feuillants, où il prit lenom de Jean de Saint-Paul^; il apportait à la communauté une bibliothèqueassez nombreuse et presque exclusivement composée de livres hétérodoxes b). Cesouvrages, qu’on 11e voulut pas laisser à la portée de tous les religieux, furentplacés dans l’intérieur même des colonnes corinthiennes qui ornaient la biblio-thèque (s ). Elles tenaient une place immense qu’on eut l’idée d’utiliser : on lesouvrit, et elles furent ainsi transformées en autant d’armoires, où se cachèrent«plus de mille volumes, qui sont, dit Sauvai, le caractère de cette biblio-« thèque ( 9 L w Dans la suite, tous ces livres allèrent remplir un petit grenier quel’on désigna sous le nom de l’Enfer b°). D’autres ministres apostats ont-ils contri-bué à enrichir cette collection? Deux passages de Sauvai bù et une ligne de Piga-niol de la Force (l2 ) permettent de le supposer; mais nous avons vainement cher-ché des renseignements positifs à cet égard.
Nous ne pouvons non plus fixer exactement la date d’une autre donation dont
(1) Chroniques du Monastère Roial de Saint Bernarddes Fucillam, ordre de Cisleaux, situé à Paris à larue de Saint-Honoré, Bibliothèque Mazarine , ma-nuscrits, n° 1749 , p. 5i.
(2) L. Jacob, Traicté des plus belles bibliothèques,p. 5 oq.
(3) Leprince, Essai historique sur la bibliothèquedu roi, p. 356.
(4) Piganiol de la Force , Description historiquede Paris , t. II, p. / 172 .
(s) Millin, Antiquités nat. de la France , 1 . 1 , p. 68 .
(6> Eug. et Em. Haag, La France protestante,
t. IX, p. 45 1.
(7) Leprince, Essai historique sur la bibliothèquedu Roi, p. 356.
(8) Sauvai, Histoire et recherches des antiquités deParis , t. III, p. 5 - 2 .
(9) Sauvai, Histoire et recherches des antiquités deParis , t. I, p. 485.
(10) Piganiol de la Force , Description historiquede Paris , t. Il, p. 472 .
(u) Sauvai, Histoire et recherches des antiquitésde Paris , t. I, p. 485, et t. III, p. 52.
(,2) Piganiol de la Force , Description historiquede Paris , t. II, p. 472 .