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HÔTEL DE VILLE.
let 1770, à l’âge de soixante et quinze ans. Privée des conseils de cet érudit, l'ad-ministration municipale eut la mauvaise pensée de vendre les jetons et médaillesqu’elle possédait, pour payer les frais auxquels avait donné lieu le déplacementde sa bibliothèque. H ne faut peut-être pas charger de ce méfait la mémoired’Ameilhon; mais nous le voyons, à peine installé dans ses fonctions de sous-biblio-thécaire-survivancier, présider à cette vente, qu’il ne paraît pas avoir désap-prouvée, et préluder ainsi aux actes de vandalisme qu’il a plus tard accomplisou laissé accomplir et qu’on lui a justement reprochés (‘b
Les considérants de la délibération prise à ce sujet par le Bureau de la Villesont peu dignes d’une grande administration. La Michodière, alors Prévôt desMarchands, expose que «la translation de la bibliothèque de la Ville de l’hôtel de«Lamoignon au prieuré royal de Saint-Louis, et son établissement en ce dernier«endroit, ayant occasionné des frais assés considérables pour qu’il ne fût pas dési-re râble de trouver dans la chose même les moyens d’y subvenir, sans les taire su-« porter au domaine de la Ville, qui n’est déjà que trop surchargée; qu’ainsy le«Bureau avoit estimé que les médailles et jetions de ladite bibliothèque, n’étant;« point d’un grand mérite et d’une grande utilité à ladite bibliothèque, ni pour«les sçavans, pou voient être vendus, et en employer, en partie, le prix à l’acquit-«tement des dépenses de cette translation, etc.
La collection comprenait soixante-huit médailles, médaillons et pièces diversesen or, quatre cent soixante-huit en argent et deux cent cinquante-six en bronze,plus six cent cinquante-trois jetons en argent. C’était quelque chose pour letemps; aussi les amateurs furent-ils nombreux, tant pour l’ensemble de la collec-tion que pour certaines pièces rares, telles que le Lysimaque d’or et le Pompéed’argent. Le plus offrant était «un sieur Pierre-Ancher-Tobiesen DubyW,n quilut déclaré acquéreur des médailles au prix de «cinq mille cinq cent cinquanle-«cinq livres dix-sept sols quatre deniers W.n Les bronzes et les jetons de cuivrefurent adjugés à l’abbé de T ers an (r,) , au prix de trente sols la livre pour lesbronzes et dix-huit sols pour les jetons, ce qui produisit une misérable sommede quatre-vingt-onze livres dix-neuf sols( 0 h
(1) Voyez Introduction à l’Histoire générale deParis , Précédents historiques, p. 198.
!2) Appendice XX.
Pierre-Ancher-Tobiesen Duby, archéologue,numismate et interprète du roi, né en 1721, dansle canton de Soleure , faisait partie d’un régimentsuisse au service de la France , et eut la cuisse em-portée à la bataille de Fontenoy. Admis à l’Hôteldes Invalides , il se livra aux lettres, à l'éruditionet à l’étude des langues. 11 a laissé deux grandsouvrages de numismatique.
(4) Appendice XX.
!5) Charles-Philippe Campion de Tersan, anti-quaire français , commença de bonne heure unecollection d’antiques et de médailles qui devint laplus considérable et la plus belle de Paris . Il l’avaitinstallée à l’Ahbaye-au-Bois, où elle occupait plu-sieurs salles. Dans sa vieillesse, il fut obligé, pourse créer des ressources, de vendre beaucoup d’ob-jets de haut prix. L’abbé de Tersan est mort en1819, à l’âge de 83 ans, ne laissant guère quedes matériaux pour un vaste recueil sur les Arts etmétiers des Anciens.
(c) Appendice XX.