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LIVRE X.

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s'organiseraient, sous son influence, les plus puissantes escadres. Ellepourrait prendre le Hanovre , le donner comme compensation à cer-taines puissances du continent, et, par ce moyen, se les attacher àjamais. Elle pourrait enfin pousser à bout la campagne commencéecontre le Portugal, dédommager l’Espagne avec les dépouilles de cetÉtat, et s’assurer à elle-même dé nouveaux ports. Ce sont aussi d’im-portantes positions maritimes, que celles qui s’étendent depuis leTexel jusqu’à Lisbonne et Cadix, depuis Cadix jusqu’à Gènes , depuisGènes jusqu’à Otranle, depuis Otrante jusqu’à Venise . Si ou veut ap-porter des principes absolus dans la négociation, toute paix est impos-sible. La France a rendu la plus grande partie de ses conquêtes à tousles gouvernements vaincus par elle : à l’Autriche , elle a rendu unepartie de lTtalie; à la cour des Deux-Siciles, le royaume de Naples ;au pape, l’État romain tout entier ; elle a donné la Toscane, qu’il luiétait facile de se réserver, à la maison d'Espagne ; elle a rétabli Gènesdans son indépendance ; elle se borne à foire de la Lombardie une ré-publique amie, et se prépare à évacuer la Suisse , la Hollande, mêmele Hanovre . Il faut donc que l’Angleterre restitue aussi une partie deses conquêtes. Celles que la France réclame ne la touchent pas elle-même directement, mais appartiennent à ses alliés. La France se faitun devoir de les recouvrer, pour les leur rendre. D’ailleurs, quand onconcède à l’Angleterre l’Inde et Ceylan, que sont, auprès de ces pos^sessions, celles dont on lui demande la restitution? Si on ne veut pasfoire de concession, il faut le dire; il faut déclarer franchement que lanégociation n’est qu'un leurre. L'univers saura par la faute de qui lapaix est devenue impossible ; alors la France fera un dernier effort, etcet effort difficile, périlleux, sans doute, sera peut-être mortel pour1‘Angleterre, car le premier consul ne désespère pas de franchir ledétroit de Calais , à la tête de 100,000 hommes. »

Lord Hawkesbury et M. Addington négociaient avec le désir d’ar-river à une paix avantageuse pour eux, ce qui était tout naturel, maisà une paix prochaine. Ils furent sensibles aux arguments du cabinetfrançais , et frappés de la résolution qui éclatait dans ses paroles. Ilsapportèrent donc tout de suite dansla négociation des prétentions plusmodérées, et qui amenèrent un rapprochement. Ils répondirent d’abordà l'argument du premier consul, tiré des conquêtes restituées par laFrance, que si la France avait abandonné une partie de ses conquêtes,cest quelle n’aurait pas pu les conserver, tandis qu’aucune marine