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LIVRE XI.

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sa troisième sortie du port de Toulon . Le premier consul lui avait àpeine laissé le temps de réparer les avaries provenant d<e l'abordagedu Dix-Août et de l’indomptable, et il l’avait obligé; à repartirpresque immédiatement. L’amiral Ganteaume avait remiis à la voilele 25 avril (5 floréal). Il avait l’ordre de longer les parages del’ile d’Elbe, afin d’exécuter en passant une démonstration! sur Porto-Ferraio, et d’en faciliter l’occupation par les troupes françaises . Lepremier consul tenait à reprendre cette ile, dont les traités avec Naples et l’Étrurie assuraient la possession à la France , et dans laquelle setrouvait une petite garnison moitié toscane , moitié anglaise. L’amiralobéit, se montra devant l’ile d’Elbe, jeta quelques boulets sur Porto-Ferraio, et passa outre, pour ne pas s’exposer à des dommages, quil’auraient réduit à l’impossibilité de remplir sa mission. S’il eût faitvoile directement, il aurait pu être encore utile à l’armée d’Égypte ,car, ainsi qu’on l a vu, la position de Ramanieh ne fut perdue quele 10 mai (20 floréal). Il était donc encore temps, en partant le25 avril, d’empèclier l’armée d être coupée en deux, et réduite à capi-tuler une division après l’autre. Il aurait fallu pour cela ne pas perdreun instant. Mais une sorte de fatalité s’attachait à toutes les opérationsde l’amiral Ganteaume. On l’a vu, sorti heureusement de Brest , entréplus heureusement encore dans la Méditerranée, manquer tout à coupde confiance, prendre quatre vaisseaux pour huit, et rentrer dansToulon . On l’a vu, sorti de ce port en mars, échapper à l’amiralWarren, dépasser la pointe méridionale de la Sardaigne , et s’arrêterencore une fois, par suite de l’abordage du Dix-Août et de l'indomp-table. Il n’était pas au terme de scs malheurs. A peine allait-il quitterles eaux de l’ile d’Elbe, qu’une maladie contagieuse se déclara sur sonescadre. Soit fatigue des troupes embarquées depuis longtemps, soit,mauvaise fortune, cette maladie atteignit subitement une grande partiedes soldats et des équipages. On jugea imprudent et inutile de porteren Égypte un tel nombre de malades, et l’amiral Ganteaume prit leparti de diviser son escadre. Confiant au contre-amiral Linois troisvaisseaux, il plaça sur ces trois vaisseaux les matelots et soldats ma-lades, et les achemina sur Toulon . Il continua sa mission avec quatrevaisseaux et deux frégates, portant deux mille hommes de troupesseulement, et se dirigea vers l’Égypte . Mais il n’était plus temps, caron louchait au milieu de mai, et, à cette époque, l’armée française était perdue, puisque les généraux Belliard et Menou se trouvaient