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LIVRE ONZIÈME.

PAIX GÉNÉRALE.

Dernière et infructueuse sortie de Ganteaume . — Il touche à Derne, n'ose débar-quer 2.000 hommes qu’il avait à son bord, et rebrousse chemin vers Toulon . —.Prise en route du vaisseau le Swiftsure. — L’amiral Linois, envoyé de Toulon àCadix, est obligé de jeter l’anerc dans la baie d'Algésiras . — Beau combat d'Al-gésiras. — Une escadre composée de Français et d’Espagnols sort de Cadix , pourvenir au secours de la division Linois . — Rentrée des (lottes combinées dansCadix. — Combat d’arrière-garde avec l’amiral anglais Saumarez. — Affreuseméprise de deux vaisseaux espagnols , qui, trompés par la nuit, se prennent pourennemis, se combattent à outrance, et sautent en l’air tous les deux. — Beaufait d’armes du capitaine Troude. — Courte campagne du prince de la Paixcontre le Portugal. — La cour de Lisbonne se bâte d'envoyer un négociateur àBadajoz, pour se soumettre aux volontés de la France et de f Espagne réunies. —.Marche des affaires européennes depuis le traité de Lunéville . — Influencecroissante de la France. —Séjour à Paris des infants d'Espagne , destinés àrégner en Étrurie. —Reprise de la négociation de Londres , entre M. Otto etlord Ilatt kesbury. — Nouvelle manière de poser la question du côté des Anglais ,— Us demandent Ccylan dans les Indes, la Martinique ou la Trinité dans lesAntilles , Malte dans la Méditerranée. — Le premier consul répond il ces pré-tentions, en menaçant de conquérir le Portugal , et, au besoin, d’exécuter unedescente en Angleterre. — Vive polémique entre le Moniteur et les journauxanglais . — Le cabinet britannique renonce à Malte, et résume toutes ses pré-tentions en demandant l’ile espagnole de la Trinité. — Le premier consul, poursauver les possessions d’une cour alliée, offre l’ile française de Tabago. — Lecabinet britannique refuse. — Folle conduite du prince de la Paix, qui fournitune solution inattendue. — Ce prince traite avec la cour de Lisbonne , sans seconcerter avec la France , et prive ainsi la légation française de l’argument qu’ontirait des dangers du Portugal . — Irritation du premier consul, et menaces deguerre à la cour de Madrid. — M. de Talleyrand propose au premier consul determiner la négociation aux dépens des Espagnols, en livrant aux Anglais Filede la Trinité. — M. Otto reçoit l’autorisation de faire cette concession, maisseulement à la dernière extrémité. — Pendant qu’on négocie, Nelson tente lesplus grands efforts pour détruire la flolli le de Boulogne . — Beaux combatsdevant Boulogne , soutenus par l'amiral Latouche-Tréville contre Nelson. —Défaite des Anglais. — Joie en France , inquiétudes en Angleterre, à la suite deces deux combats.— Dispositions réciproques à un rapprochement. — On passepar-dessus les dernières difficultés, et la paix se conclut, sous forme de préli-minaires, par le sacrifice de File de la Trinité. — Joie inouïe en Angleterre eten France. — Le colonel Lauriston, chargé de porter à Londres la ratificationdu premier consul, est conduit en triomphe pendant plusieurs heures. — Réuniond’un congrès dans la ville d'Amiens , pour coclurc la paix definitive. — Suitede traités signés coup sur coup. —Paix avec le Portugal, la Porte Ottomane , laBavière, la Russie , etc. — Fête à la paix, fixée au 18 brumaire. — Lord Corn-wallis, plénipotentiaire au congrès d'Amiens , assiste à cette fête. — Accueilqu’il reçoit du peuple de Paris. — Banquet de la cité à Londres . — Témoignagesextraordinaires de sympathie que se donnent en ce moment les deux nations.

Pendant que l’armée d’Égypte succombait faute d’un chef habile,et faute aussi d’un secours apporté à propos, l’amiral Ganteaume tentait