LIVRE XI.
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périt un seul homme. Une canonnière, la Méchante , commandée parle capitaine Margoli, fut percée par le milieu. Ce brave officier jetason équipage sur d’autres bateaux, puis, gardant deux marins aveclui, ramena sa canonnière faisant eau de toute part, et l’échoua sur lesable, avant quelle eût le temps de couler à fond.
Les Anglais , malgré le désavantage de notre position, et la mau-vaise qualité de notre poudre, avaient été plus maltraités que nous. Ilsavaient eu trois ou quatre hommes tués ou blessés par les éclats denos bombes.
Nelson s’éloigna très-mortifié, promettant de se venger dans quelquesjours, et de revenir avec des moyens certains de destruction.
On s'attendait donc à tout moment à le voir reparaître, et l'amiralfrançais se mettait en mesure de le bien recevoir. Il renforça sa ligne,la pourvut de meilleures munitions, anima de son esprit ses matelotset ses soldats, qui du reste se montraient pleins d’ardeur, et tout fiersd'avoir bravé les Anglais sur leur élément. Trois bataillons d’élite ,pris dans les 46 e , 57 e et 108” demi-brigades, avaient été placés sur laflottille, pour y servir comme dans la journée du 4.
Douze jours après, le 16 août (28 thermidor), Nelson parut avec unedivision navale beaucoup plus considérable que la première. Toutannonçait de sa part l’intention d une attaque sérieuse et à l’abordage.C était ce que désiraient les Français.
Nelson avait 35 voiles, beaucoup de chaloupes et 2,000 hommesd’élite. Vers la chute du jour, il avait rangé ses chaloupes autour de laMéduse , y avait distribué son monde , et donné ses instructions. Ceschaloupes, montées par des soldats de la marine anglaise, devaientpendant la nuit s’avancer à la rame , et enlever notre ligne à l’abor-dage. Elles étaient formées en quatre divisions. Une cinquième division,composée de bombardes , devait se placer , non plus en face de notreflottille, position qui avait procuré peu de résultats dans le bombarde-ment du 4 août, mais sur le côté, de manière à pouvoir la prendred’enfilade.
Vers minuit, ces quatre divisions, commandées par quatre officiersintrépides , les capitaines Sommerville , Parker , Cotgrave et Jones ,s’avancèrent rapidement vers la côte de Boulogne . Une petite embar-cation française, montée par huit hommes seulement, avait été laisséeen sentinelle avancée. Elle fut abordée et enveloppée, mais elle sedéfendit bravement avant de succomber, et le bruit de sa mousquetericservit à signaler la présence de l’ennemi.