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LIVRE DOUZIÈME

CONCORDAT.

L’église catholique pendant la révolution française . — Constitution civile duclergé décrétée par rassemblée constituante. — Cette constitution avait vouluassimiler l’administration des cultes h celle du royaume, établir un diocèse pardépartement, faire élire les évêques par les fidèles, et les dispenser de l'institu-tion canonique. — Serment à cette constitution exigé de la part du clergé. —Refus de serment, et schisme. — Diverses catégories de prêtres, leur rôle etleur influence. — Inconvénients de cet état de choses. — Moyens qu'il fournitaux ennemis de la révolution pour troubler l’État et les familles. — Divers sys-tèmes proposés pour porter remède au mal. — Le système de l’inaction. — Lesystème d'une église française, dont le premier consul serait le chef. — Le sys-tème d'un fort encouragement au protestantisme. — Opinions du premier con-sul sur les divers systèmes proposés. — Il forme le projet de rétablir la religioncatholique, en appropriant sa discipline aux nouvelles institutions de la France .—11 veut la déposition des évêques anciens titulaires, une circonscription com-prenant soixante sièges au lieu de cent cinquante-huit, la création d’un nouveauclergé composé de prêtres respectables de toutes les sectes, l’attribution à l'Étatde la police des cultes, un salaire aux prêtres au lieu d’une dotation territoriale,enfin la consécration par l'Église de la vente des biens nationaux. —Relationsamicales du pape Pie VII avec le premier consul. — Monsignor Spina, chargéde négocier à Paris , retarde la négociation dans un intérêt temporel du saint-siège. — Désir secret de recouvrer les légations. — Monsignor Spina sent enfinle besoin de se hAter. — Il s’abouche avee l'abbé Bernicr, chargé de traiter pourla France . —Difficultés du plan proposé à la cour romaine. — Le premier con-sul envoie son projet à Rome , et demande au pape de s’expliquer. — Trois car-dinaux consultés. — Le pape, après cette consultation, veut que la religioncatholique soit déclarée religion de l'Etat, qu’on le dispense de déposer les an-ciens titulaires, et de consacrer autrement que par son silence la vente desbiens d'Église, etc. — Débats avec M. de Cacault, ministre de France à Rome ,— Le premier consul, fatigué de ces lenteurs, ordonne à M. de Cacault de quitterRome sous cinq jours, si le concordat n’est pas adopté dans ce délai. — Terreursdu pape et du cardinal Consalvi . — M. de Cacault suggère au cabinet pontificall’idée d’envoyer à Paris le cardinal Consalvi . — Départ de celui-ci pour laFrance, et ses frayeurs. — Son arrivée à Paris . — Accueil bienveillant du pre-mier consul. — Conférences avec l’abbé Bernier. — On s’entend sur le principed'une religion d'État. — On déclare la religion catholique religion de la majo-rité des Français . — Toutes les autres conditions du premier consul, relative-ment à la déposition des anciens titulaires, à la nouvelle circonscription, à lavente des biens d’Église, sont acceptées, sauf quelques changements de rédac-tion. — Accord définitif sur tous les points. — Efforts tentés au dernier momentpar les adversaires du rétablissement des cultes, afin d’empêcher le premierconsul de signer le concordat. — Il persiste. —Signature donnée le 15 juillet1801. — Retour du cardinal Consalvi à Rome . — Satisfaction du pape. — Solen-nité des ratifications. — Choix du cardinal Caprara, comme légat n latere — Lepremier consul aurait voulu célébrer le 18 brumaire la paix de l'Église, en.