CONCORDAT.
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qui, ménageant le premier consul, avait refusé de s’expliquer. Mais lecardinal Maury, retiré dans les États du saint-siège, où il était devenuévêque de Montefiascone , intermédiaire auprès du pape du parti roya-liste, et ne voulant pas, du moins alors, favoriser la soumissiom.desprêtres au nouveau gouvernement, avait interprété le silence de Rome ,et fait parvenir en France , au sujet de la promesse , des lettres impro-batives, qui jetaient un nouveau trouble dans les consciences.
Tous ces prêtres, ainsi divisés, avaient chacun leur hiérarchie. Lesprêtres constitutionnels obéissaient aux évêques élus sous le régime dela constitution civile. Parmi ces évêques, il y en avait de morts, lesuns naturellement, les autres violemment. Ceux qui étaient mortsavaient été remplacés par des évêques qui, n’ayant pas été régulière-ment élus, au milieu de la proscription qui frappait également tousles cultes, avaient usurpé leurs pouvoirs, ou s’étaient fait élire par deschapitres clandestins, espèces de coteries religieuses sans aucune auto-rité, ni légale ni morale. Ainsi les pouvoirs des évêques constitutionnelseux-mêmes, du point de vue de la constitution civile, étaient chezquelques-uns d’entre eux contestés, et frappés de discrédit. Il y avaitdans ce clergé un certain nombre de sujets respectables; mais, en gé-néral , ils avaient perdu la confiance des fidèles, parce qu’on les savaiten désaccord avec Rome, et parce qu’ils avaient, en se mêlant aux dis-putes religieuses et politiques du temps, perdu la dignité du sacerdoce.Plusieurs, en effet, étaient des clubistes violents, et sans mœurs. Lesmeilleurs étaient des prêtres sincères, que la fureur du jansénisme avaitjetés dans le schisme.
Le clergé prétendu orthodoxe avait aussi ses évêques, exerçant uneautorité moins publique, mais plus réelle, et fort dangereuse. Lesévêques non assermentés avaient presque tous émigré. II y en avaiten Italie, en Espagne, en Allemagne , surtout en Angleterre, où ilsétaient attirés par les subsides du gouvernement britannique. Corres-pondant avec leur diocèse, par le moyen de grands vicaires choisis pareux et approuvés par Rome, ils gouvernaient leur église du sein del’exil, sous l’inspiration des passions que l’exil fait naître, souventmême au profit des ennemis de la France . Ceux qui étaient morts, etle nombre en était grand depuis dix années, ceux-là étaient partoutremplacés par des administrateurs cachés, revêtus des pouvoirs de lacour de Rome. De manière que l’une des précautions les plus sages,les plus anciennes de lcglise gallicane, celle de faire administrer le