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CONCORDAT. 149

Enfin, le pardon accordé aux prêtres maries, et leur réconciliationavec 1 Église, élait une affaire d'indulgence, facile de la part de la courde Rome, qui est toujours disposée à pardonner, quand la faute estreconnue par celui qui l'a commise. Elle exceptait toutefois du pardondeux classes de prêtres, les anciens religieux qui avaient fait certainsvœux, et les prélats. Ce n était pas une manière de concilier au saint-siège la" bonne volonté du minisire des affaires étrangères, M. deTalleyrand .

Ces prétentions de la cour de Rome, bien quelles n'impliquassentpas une véritable impossibilité de s’entendre avec le gouvernementfrançais , laissaient apercevoir néanmoins de graves dissentiments.

Le premier consul en éprouvait et en témoignait, une vive impa-tience. Il avait vu plusieurs fois monsignor Spina, et lui avait déclarélui-même qu’il ne se départirait jamais du principe fondamental de sonprojet, qui consistait à faire table rase, à composer une nouvelle cir-conscription et un nouveau clergé, à déposer les anciens titulaires, àprendre leurs successeurs dans toutes les classes de prêtres. Il lui avaitdit que la fusion des hommes honnêtes et sages de tous les partis étaitson principe de gouvernement, qu'il appliquerait ce principe à l'Églisecomme à 1 État, que c’était pour lui le seul moyen de terminer lestroubles de la France , et qu’il y persisterait invariablement.

L’abbé Bernier, qui, à l’ambition très-avouable d'être le principalinstrument du rétablissement de la religion, joignait un sincère amourdu bien, adressait à monsignor Spina les plus vives instances pourlever les difficultés qu'on opposait, de la part de la cour de Rome, auprojet du premier consul. Déclarer, disait-il, la religion catholiquereligion de l'Etat, était impossible, contraire aux idées reçues enFrance , et ne serait jamais admis, par le tribunat et le corps législatif,dans la rédaction d’une loi. On pouvait, suivant lui, remplacer cettedéclaration par la mention d’un fait, c’est que la religion catholiqueélait la religion de la majorité des Français . La mention de ce fait étaitaussi utile que la déclaration désirée. Insister sur une chose impossible,plutôt d’orgueil que de principe, c’était compromettre le véritable in-térêt de l'Église. Le premier consul pourrait assister de sa personneaux cérémonies solennelles du culte, et c’était un grand acte que laprésence à ces cérémonies d'un homme tel que lui ; mais il fallait re-noncer à lui demander certaines pratiques, comme la confession ou lacommunion , qui dépassaient ia mesure dans laquelle il convenait