Band 
[3. - 4.]
Seite
148
JPEG-Download
 

148

LIVRE XII.

confiance de ce gouvernement, seraient laissés de côté, et qu'en atten-dant leur mort, certainement prochaine si on songeait à leur âge, desadministrateurs choisis par le pape et le premier consul gouverneraientleur siège par intérim.

Monsignor Spina n'admettait donc l'idée de la composition d'unnouveau clergé, pris dans toutes les classes de prêtres et dans tous lespartis, que pour les sièges vacants. Encore ne voulait-il pas que lesconstitutionnels y eussent part, à moins qu'ils ne fissent l'une de cesrétractations solennelles, qui pour Rome sont un triomphe, et un dé-dommagement du pardon qu’elle accorde.

Quant à la nomination des évêques par le chef de la république, et •à leur institution par le pape, il y avait peu de difficulté. On parlaitnaturellement du principe, que le nouveau gouvernement aurait encour de Rome toutes les prérogatives de l'ancien, et que le premierconsul représenterait en tout les rois de France . Dès lors la nominationdes évêques devait lui appartenir. Cependant la charge de premierConsul, au moins pour le moment, était élective ; le général Bonaparte ,actuellement revêtu de cette charge, était catholique, mais ses succes-seurs pourraient ne pas l'être ; et on n’admettait pas à Rome qu’unprince protestant pût nommer des évêques. Monsignor Spina deman-dait que cette exception fût prévue.

On était d’accord sur les curés. L'évêque devait les nommer, en lesfaisant agréer par l'autorité civile.

La promesse de soumission aux lois était admise, sauf la rédaction.

La consécration par le pape, de la vente des biens d’églises, coulait,beaucoup au négociateur romain. Il reconnaissait bien l’impossibilitéabsolue de revenir sur ces ventes; mais il demandait qu'on épargnât ausaint-siège une déclaration qui pourrait impliquer l'approbation mo-rale de. ce qui s était passé à cet égard. Il concédait une renonciationà toute recherche ultérieure, en refusant la reconnaissance formelle dudroit d’aliénation. Ces biens, disait monsignor Spina , appelés votafidelkim , patrimonium pauperum , sacrificia peccatomm , ces biens,l'Église elle-même n'aurait pas le droit de les aliéner. Cependant ellepeut renoncer à en faire poursuivre le recouvrement. En revanche ildemandait la restitution des domaines non encore aliénés, et la facultéaccordée aux mourants de tester en faveur des établissements religieux,ce qui impliquait le renouvellement des biens de mainmorte, et re-commençait l’ancien ordre de choses, c’est-à-dire un clergé propriétaire.