CONCORTUT.
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hâter de s’entendre sur la rédaction, puisqu’on était d'accord sur loprincipe. Relativement à la restitution des biens non vendus, et auxdonations testamentaires en biens-fonds, elles étaient inconciliablesavec les principes politiques aujourd'hui reconnus en France , principesabsolument contraires aux biens de mainmorte. On devait se contenterà cet égard d’une concession, celle de donations constituées en rentessur l’État.
Le temps, disait enfin l’abbé Bernier, le temps était venu de con-clure, car le premier consul commençait à être mécontent. Il croyaitque le pape n’avait pas la force de rompre avec le parti émigré, pourse donner tout à fait à la France . Il finirait par renoncer au bien dontil avait eu d’abord la pensée, et, sans persécuter les prêtres, les livrantà eux-mêmes, il laisserait l'Église devenir en France ce qu’elle pourrait,sans compter qu’il tiendrait en Italie une conduite hostile à la cour deRome. C’était, suivant l’abbé Bernier, c’était avoir perdu tout dis-cernement , que de ne pas profiter des dispositions d’un si grandhomme, seul capable de sauver la religion. Lui aussi avait de grandesdifficultés à vaincre à l'égard du parti révolutionnaire ; et, loin de lecontrarier, on devait l’aider à surmonter ces difficultés, en lui faisantles concessions dont il avait besoin pour regagner les esprits, peu dis-posés en France en faveur du culte catholique.
Monsignor Spina commençait à être fort embarrassé. Il étaitcroyant, et plus avide encore que croyant. Demandant sans cesse del’argent à sa cour, son vœu le plus ardent était de la rendre riche etprodigue comme jadis. Mais le peu de succès de ses insinuations rela-tivement aux provinces perdues, le décourageait singulièrement. Ils’apercevait que le premier consul, aussi rusé que les prêtres italiens,ne voulait pas s’expliquer avec des gens qui ne s’expliquaient pas eux-mêmes. Il voyait en outre toutes les cours pour ainsi dire à ses pieds;il voyait le négociateur russe, M. de Kalitschelï, qui avait voulu pro-téger si insolemment les petits princes d’Italie , molesté et parti, toutel’Allemagne dépendante de la France pour le partage des indemnitésterritoriales, le Portugal soumis, et l'Angleterre elle-même amenée àla paix par la fatigue. En présence d’un tel état de choses, il était con-vaincu qu'il n'y avait plus d'autre ressource que de se soumettre, etd’attendre ce qu’on désirait de la seule volonté du premier consul.Disposé à céder, monsignor Spina n’osait pas toutefois adhérer auxconditions si absolues que le cabinet français avait posées avec la réso*