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LIVRE XII.

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lution évidente de ne pas s'en départir, parce quelles étaient établiesd’après les nécessités impérieuses de la situation.

Le premier consul, avec sa vigueur accoutumée, tira d’embarras lenégociateur romain. C’était le moment, déjà décrit plus liaut, où toutesles négociations marchaient à la fois, notamment avec l’Angleterre.Pensant avec une sorte de joie à l’effet prodigieux d’une paix générale, ■qui comprendrait jusqu'à l’Église elle-même, il voulut en finir par ]Une inarche prompte et décidée. Il fit rédiger un projet de concordatpour l’offrir définitivement à monsignor Spina. C’étaient deux ecclé-siastiques sortis des ordres, M. de Tallevrand et M. d’Haulerivc, qui,dans les bureaux des allaircs étrangères, se mêlaient de cette question.Heureusement, entre eux et monsignor Spina, se trouvait l’habileet orthodoxe Dernier. Le projet écrit par M. d’Hauterive, revu parl’abbé Bcrnicr, était simple, clair, absolu. Il contenait, rédigé en stylede loi, tout ce qu'avait proposé la légation française. Ce projet futprésenté à monsignor Spina, qui en fut fort troublé, et qui offrit de ;l’envoyer à sa cour, mais déclara ne pouvoir le signer lui-même. •,« Pourquoi, lui dit-on, refusez-vous de le signer? Serait-ce que vous Jh’avez pas de pouvoirs? Alors que faites-vous à Paris depuis six mois? !Pourquoi affectez-vous un rôle de négociateur, que vous ne pouvez pas !

remplir jusqu'à son terme nécessaire, c’est-à-dire à une conclusion? \

Ou bien trouvez-vous le projet inadmissible? Alors osez le déclarer ; et !

le cabinet français , qui ne peut accorder d’autres conditions, cessera j

de négocier avec vous. Il rompra ou ne rompra pas avec le saint-siège ; ]

mais il en finira avec monsignor Spina. »

L’astucieux prélat ne savait que répondre. Il affirma qu’il avait despouvoirs. N'osant pas avouer qu’il jugeait les propositions françaises jinadmissibles, il allégua qu’en matière de religion, le pape, entouré !des cardinaux, pouvait seul accepter un traité. Et, en conséquence, il jrenouvela l’offre d’envoyer le projet du premier consul à sa sainteté, j« Soit, lui dit-on; mais déclarez du moins en l’envoyant que vous1 approuvez. » Monsignor Spina se refusa encore à toute formule appro- ;bativc, cl répondit qu’il adresserait ses instances au saint-père, pourl'adoption d’un traité qui devait opérer en France le rétablissementde la foi catholique. ;

On fit partir un courrier pour Rome avec le projet de concordat, et \avec ordre à M. de Cacault, ambassadeur de France auprès du saint- ]Siège, de le soumettre à 1 acceptation immédiate et définitive du pape. ;