LIVRE XII.
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Dans cet intervalle, le premier consul, en recevant de Rome leprojet amendé, et reconnaissant que les différences étaient plutôt deforme que de fond, s’était calmé. La nouvelle que le cardinal Consalvi venait lui-mème, pour achever de mettre d'accord le saint-siège avecle cabinet français , le satisfit complètement. Il y voyait la certituded'un arrangement prochain, et en outre un grand lustre pour son gou-vernement. Il s’apprêta donc à faire le meilleur accueil au premierministre de la cour romaine.
Le cardinal Consalvi arriva le 20 juin (1" messidor) à Paris . L’abbéDernier et monsignor Spina accoururent pour le recevoir, et le rassurersur les dispositions du premier consul. On convint du costume danslequel il serait présenté à la Malmaison, et il s’y rendit, fort ému del idée de voir le général Bonaparte. Celui-ci, bien averti, n’eut garded'ajouter au trouble du cardinal. Il déploya tout l’art de langage dontla nature l’avait doué, pour s’emparer de l’esprit de son interlocuteur,pour lui montrer à fond ses intentions franchement bienveillantesenvers l'Église, pour lui rendre sensibles les difficultés graves attachéesau rétablissement du culte public en France , et surtout pour lui fairecomprendre que l’intérêt qu’on avait à ménager l’esprit français , était.Lien plus grand que celui qu’on pouvait avoir à ménager les ressenti-ments des piètres, des émigrés, des princes déchus, méprisés et aban-donnés de 1 Europe en ce moment. Il déclara au cardinal Consalvi , qu’ilétait prêt à transiger sur certains détails de rédaction qui offusquaientla cour de Rome, pourvu qu’au fond on lui accordât ce qu’il regardaitcomme indispensable, la création d'un établissement ecclésiastique toutà fait nouveau, qui fût son ouvrage, et qui réunit les prêtres sages etrespectables de tous les partis.
favori, c'est l'âme du pape qui va entrer en communication avec vous. J'espèrequ'il en résultera un accord concernant les modifications. Il s’agit de phrases, deparoles qu'on peut retourner de tant de manières qu’à la fin on saisira ta bonne.
Le cardinal porte au premier consul une lettre confidentielle du pape et le plusardent désir de terminer l'affaire. C’est un homme qui a de la clarté dans l'esprit.Sa personne n'a rien d'imposant, il n’est pas fait à la grandeur ; son élocution unpeu verbeuse n’est pas séduisante ; son caractère est doux et son âme s'ouvriraaux épanchements, pourvu qu’on l’encourage avec douceur à la confiance.
J'ai écrit à Madrid, à l'ambassadeur Lucien Bonaparte , en quoi consistait cetéclat du voyage à Paris du cardinal Consalvi et de ma retraite à Florence . J'aiégalement fait connaître aux ministres à Rome de l’empereur et du roi d’Espagne qu'il n’y avait aucune apparence de guerre avec le pape.
Je vous salue respectueusement.
Cacailt.