CONCORDAT.
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prévenir toute interprétation fâcheuse, (le faire partir ensemble M. deGacault et le cardinal Consalvi , lesquels devaient voyager de concertjusqu’à Florence. M. de Cacaulten quittant Rome y laissa son secrétairede légation.
MM. Consalvi et de Gacault sortirent de Rome le 6 juin (17 prairial),et s’acheminèrent vers Florence . Ils voyageaient dans la même voiture,et partout le cardinal montrait aux populations M. de Gacault en leurdisant : « Voilà le ministre de France ; » tant il avait envie qu’on sûtqu'il n’y avait pas rupture. L’agitation en Italie fut assez vive. Cepen-dant elle ne produisit rien de fâcheux dans le moment, car on atten-dait, pour essayer quelque chose, que les dispositions du gouvernementfrançais fussent plus claires. Le cardinal Consalvi se sépara de M. deGacault à Florence , et s’achemina en tremblant vers Paris 1 .
1 Florence, le 19 prairial an IX.
François Cacaull, ministre plénipotentiaire de la république française à Rome ,au citoyen ministre des relations extérieures.
Citoyen ministre,
Me voilà arrivé à Florence. Le cardinal secrétaire d'État est parti de Rome avecmoi. Il est venu me prendre à mon logis. Nous avons fait route ensemble dans lemême carrosse. Nos gens suivaient de la même manière dans la seconde voilure,et la dépense de chacun était payée par son courrier respectif.
Nous étions regardés partout d’un air ébahi. Le cardinal avait grande peur qu’onimaginât que je me relirais à l’occasion d'une rupture ; il disait sans cesse à toutle monde : Voilà le ministre de France . Ce pays, écrasé des maux passés de laguerre, frissonne à la moindre idée de mouvements de troupes. Le gouvernementromain a plus de peur encore de ses propres sujets mécontents, surtout de ceuxqui ont été alléchés à l’autorité et au pillage par l’espèce de révolution passée.Nous avons ainsi prévenu et dissipé à la fois les frayeurs mortelles et les espé-rances téméraires. Je pense que la tranquillité de Rome ne sera pas troublée.
Le cardinal a passé ici la journée du 18 en grande et ostensible amitié avec legénéral Murat, qui lui a fait donner un logement et une garde d’honneur. Il a faitla même chose pour moi. Je n’ai rien accepté, je suis logé à l’auberge.
Le cardinal est parti ce matin pour Paris . Il arrivera peu de temps après madépêche; il ira extrêmement vite. Le malheureux sent bien que s’il échouait ilserait perdu sans ressource, et que tout serait perdu pour Rome . Il est pressé desavoir son sort. Je lui ai fait sentir qu’un grand moyen de tout sauver était d’userde diligence, parce que le premier consul avait des motifs graves de conclure viteet d’exécuter pronuptement.
J’avais essayé à Rome d’amener le pape à signer seulement le concordat, et s'ilm’eût accordé ce pioint je ne serais pas parti de Rome ; mais cette idée ne m’a pasréussi.
Vous jugez bien que le cardinal n’est pas envoyé à Paris pour signer ce que lepape a refusé de signer à Rome ; mais il est premier ministre de sa sainteté et son