IIVRE XII.
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enfin dans un article formel la réhabilitation catholique des prêtresmariés, etc. M. d’Hauterive faisait ainsi renaître les difficultés de ré-daction devant lesquelles la négociation avait failli échouer. Le jourmême de la signature , il envoya encore sur ces divers points un mé-moire des plus pressants au premier consul.
Tous ces débats terminés, il y eut une réunion des consuls et desministres, dans laquelle la question fut définitivement discutée et ré-solue. On y répéta les objections déjà connues ; on y fit valoir l’incon-vénient de froisser l’esprit français , d’ajouter au budget de nouvellescharges, de mettre même, disait-on, les biens nationaux en péril, enréveillant chez le clergé ancien, rétabli dans ses fonctions, plus d’es-pérances qu’on ne voulait en satisfaire. On parla d’un projet de simpletolérance, qui consistait seulement à rendre les édifices religieux, tantaux prêtres insermentés qu’aux prêtres assermentés , et à demeurerspectateur paisible de leurs querelles, sauf à intervenir si l’ordre ma-tériel venait à être troublé.
Le consul Cambacérès , fort partisan du concordat, s’exprima sur cesujet avec chaleur, et répondit victorieusement à toutes les objections.Il soutint que le danger de froisser l’esprit français n’était vrai qu’àl’égard de quelques beaux esprits frondeurs, mais que les masses ac-cueilleraient volontiers le rétablissement du culte, et en éprouvaientdéjà un vrai besoin moral ; que la considération de la dépense était uneconsidération méprisable en pareille matière ; que les biens nationauxétaient, au contraire, garantis plus solidement que jamais par la con-sécration des ventes obtenue du saint-siège. M. Cambacérès' fut en cetendroit interrompu par le premier consul, qui, toujours inflexiblequand il s’agissait des biens nationaux, déclara qu’il faisait le concordat,précisément à cause des acquéreurs de ces biens, particulièrement dansleur intérêt, et qu’il écraserait de sa puissance les prêtres assez sotsou assez malveillants pour abuser du grand acte qu’on allait faire. Leconsul Cambacérès , reprenant son allocution, montra ce qu’il y avaitde ridicule, d'inexécutable dans ce projet d’indifférence entre des partisreligieux, qui se disputeraient la confiance des fidèles, les édifices duculte, les dons volontaires de la piété publique, qui donneraient augouvernement les ennuis d’une intervention active, sans aucun de sesavantages, et aboutiraient peut-être à la réunion de toutes les sectesdans une seule église ennemie, indépendante de l’État, et dépendanted’une autorité étrangère.