LIVRE XII.
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Sept résidaient à Paris, huit dans les provinces, en tout quinze. Pasun n’hésita dans la réponse à faire au pontife et au nouveau chef del’État. Ils la firent surtout dans un langage digne des plus beaux tempsde l’Église. Le vieux évêque de Belloy, prélat vénérable, qui avaitremplacé M. de Belsunce à Marseille , et qui était le modèle de l’ancienclergé, se liàta de donner à ses confrères le signal de l’abnégation.« Plein, disait-il, de vénération et d’obéissance pour les décrets de sa» sainteté, et voulant toujours lui être uni de cœur et d’esprit, je n’hé-» site pas à remettre entre les mains du saint-père ma démission de» l'évêché de Marseille . Il suffit quelle l’estime nécessaire à la conser-» vation de la religion en France pour que je m’y résigne. »
L’un des plus savants évêques du clergé français, l’historien de Bos-suet et de Fénélon , l’évèque d’Alais écrivait : « Heureux de pouvoir» concourir par ma démission, autant qu’il est en moi, aux vues de» sagesse, de paix et de conciliation, que sa sainteté s’est proposées,» je prie Dieu de bénir ses pieuses intentions, et de lui épargner les» contradictions qui pourraient affliger son cœur paternel. »
L’évêque d’Acqs écrivait au saint-père : « Je n'ai pas balancé un» moment à m’immoler, dès que j’ai appris que ce douloureux sacri-» fice était nécessaire à la paix de la patrie et au triomphe de la reli-» gion... Quelle sorte glorieuse de ses ruines! quelle s’élève, je ne» dirai pas seulement sur les débris de tous mes intérêts les plus chers,» de tous mes avantages temporels, mais sur mes cendres mêmes, si» je pouvais lui servir de victime expiatoire !... Que mes concitoyens» reviennent à la concorde, à la foi et aux saintes mœurs!... Jamais» je ne formerai d’autres vœux pendant ma vie, et ma mort sera trop» heureuse si je les vois accomplis. »
Confessons-le, c’est une belle institution que celle qui inspire oucommande de tels sacrifices et un tel langage. Les plus grands nomsde l’ancien clergé et de l’ancienne France , les Bolian, les La tour-dn-Pin, les Castellane, les Polignac, les Clermont-Tonnerre, les La tour-d’Auvergne, se faisaient remarquer sur la liste des démissionnaires. Ily avait un entrainement général, qui rappelait les généreux sacrificesde l’ancienne noblesse française dans la nuit du 4 août. C’était le mêmeempressement à faciliter, par un grand acte d’abnégation, l’exécutionde ce concordat, que M. de Cacault avait appelé l’œuvre d’un héros etd’un saint.
Les évêques réfugiés en Allemagne, en Italie, en Espagne , suivirent