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CONCORDAT.

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Les brefs adressés aux évêques orthodoxes et aux évêques constitu-tionnels n’étaient pas les mêmes. Le bref destiné aux évêques quis'étaient refusés à reconnaître la constitution civile du clergé, les con-sidérait comme légitimes titulaires de leurs sièges, leur demandait dese démettre au nom de l'intérêt de l'Église, en vertu d'une offre faitejadis à Pie VI , et, en cas de refus, les déclarait déchus. Le langage enétait affectueux, affligé, mais plein d’autorité. Le bref adressé auxconstitutionnels était paternel aussi, respirait l'indulgence la plus douce,mais ne parlait pas de démission , vu que l'Église n'avait jamaisreconnu les constitutionnels comme évêques légitimes. Il leur deman-dait d’abjurer d’anciennes erreurs, de rentrer dans le sein de l’Église,et de terminer un schisme qui était à la fois un scandale et une cala-mité. C’était une manière de provoquer leur démission sans la réclamer,car la réclamer eût été une reconnaissance de leur titre que le saint-siège ne pouvait faire.

Il faut rendre une égale justice à tous les hommes qui facilitèrentce grand acte de réunion. Les évêques constitutionnels, dont quelques-uns auraient voulu résister, mais dont la majorité, bien conseillée,désirait franchement seconder le premier consul, se démirent en masse.Le bref, quoique plein de cordialité, les blessait, parce qu’il ne parlaitque de leurs erreurs, et non de leur démission. Ils imaginèrent uneforme d’adhésion aux volontés du pape, qui, sans impliquer aucunerétractation du passé, impliquait néanmoins leur soumission et leurdémission. Ils déclarèrent qu’ils adhéraient au nouveau concordat, etse dépouillaient en conséquence de leur dignité épiscopale. Ils étaientenviron cinquante. Tous se soumirent, un seul excepté, l’évêque Saurine,homme d’une imagination fort vive, d’un zèle religieux plus ardentqu’éclairé, prêtre d’ailleurs de mœurs pures, que le premier consulappela plus lard à des fonctions épiscopales, après l’avoir fait agréerau pape.

Cette partie de l’œuvre n était pas la plus difficile. Elle était d’ail-leurs la plus immédiatement réalisable, parce que les constitutionnelsétaient presque tous à Paris , sous la main du premier consul, et sousl'influence des amis qui s'étaient constitués leurs défenseurs et leur»guides.

Les évêques non assermentés étaient répandus dans toute l'Europe.Il y en avait cependant un certain nombre en France . L’immense ma-jorité offrit un noble exemple de piété et de soumission évangéliques.