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LIVRE XIII.

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réussi à la rapprocher de la France par sa politique : on vient de voirau moyen de quels clïbrts, non moins méritoires, il avait réconciliél'église romaine avec la république française, et mis fin aux malheursdu schisme. Ses efforts pour rétablir la sécurité et la viabilité sur lesroutes, pour rendre l’activité au commerce et à l’industrie, pour ra-mener l’aisance dans les finances, l’ordre dans l’administration, pourrédiger un code de lois civiles approprié à nos mœurs, pour organiserenfin dans toutes ses parties la société française, n’avaient été ni moinsconstants ni moins heureux.

Cette race de brigands qui s’était formée des déserteurs des armées,et des soldats licenciés de la guerre civile, qui poursuivait les proprié-taires riches dans les campagnes, les voyageurs sur les grandes routes,pillait les caisses publiques, et répandait la terreur dans le pays, venaitd’être réprimée avec la dernière rigueur. Ces brigands avaient choisi,pour se répandre, le moment où les années, portées presque foules àla fois au dehors, avaient privé l’intérieur des forces nécessaires à sasécurité. Mais depuis la paix de Lunéville , et le retour d’une partie denos troupes en France , la situation n’était plus la même. De nom-breuses colonnes mobiles, accompagnées d’abord de commissions mili-taires, et plus tard de ces tribunaux spéciaux dont nous avons racontél’établissement, avaient parcouru les routes en tout sens, et châtié avecla plus impitoyable énergie ceux qui les infestaient. Plusieurs centainesd’entre eux avaient été fusillés en six mois, sans qu’aucune réclamations’élevât en faveur de scélérats, restes impurs de la guerre civile. Lesautres, complètement découragés, avaient remis leurs armes, et failleur soumission. La sécurité était rétablie sur les grands chemins, ettandis qu’aux mois de janvier et de février 1801 , on pouvait à peinevoyager de Paris à Rouen, ou de Paris à Orléans , sans courir le dangerd’être égorgé, on pouvait à la fin de cette même année traverser laFrance entière sans être exposé à aucun accident. C’est à peine, si dansle fond de la Bretagne ou dans l’intérieur des Cévennes, il subsistaitencore quelques restes de ces bandes. Elles allaient être bientôt com-plètement dispersées.

On a vu précédemment comment dix années de troubles avaienlpresque interrompu la viabilité en France ; comment l’ancienne corvéeavait été remplacée par la taxe des barrières; comment, sous le régimede cette taxe incommode et insuffisante à la fois, les routes étaienttombées dans un état de complète dégradation ; comment enfin le pre-