LE TRIBUKAT.
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mier consul, en nivôse dernier, avait consacré un subside extraordinaireà réparer vingt des principales chaussées qui traversaient le sol de larépublique. 11 avait lui-mcme veillé à l'emploi de ce subside, et, parune attention de tous les moments, excité au plus haut degré le zèledes ingénieurs. Chacun de ses aides de camp, ou des grands fonction-naires qui voyageaient en France , était interrogé par lui pour savoir sises ordres étaient exécutés. Les fonds avaient été votés cette année unpeu tard; la fin de celte même année avait été pluvieuse, et de plusla main-d'œuvre manquait généralement. Celait la conséquence dedéfrichements soudains et immenses, et surtout d’une longue guerrecivile. Ces causes diverses avaient retardé les travaux ; mais l'améliora-tion était cependant remarquable. Le premier consul venait de consa-crer un nouveau subside, pris sur l’an X (1801 et 1802), à la répara-tion de quarante-deux autres routes. Ce subside, emprunté aux fondsgénéraux du trésor, devait s'ajouter au produit de la taxe. En comptant2 millions non employés en l'an IX, 10 millions d’extraordinaire im-putés sur l'an X, 16 provenant de la taxe, la somme totale consacréeà l'entretien des routes pour l’année courante devait être de 28 millions.C’était deux ou trois fois plus qu'on ne leur avait affecté aux époquesantérieures. Aussi les réparations marchaient-elles avec une granderapidité, et tout annonçait, que dans le courant de 1802, les cheminsseraient ramenés en France à un état de parfaite viabilité.
Des ordres étaient donnés pour la création de nouvelles communi-cations entre les diverses parties de la France ancienne et nouvelle.Quatre grandes routes se préparaient entre l'Italie et la France . Celledu Simplon, mentionnée plusieurs fois, avançait rapidement. On avaitdéjà mis la main à celle qui devait réunir le Piémont et la Savoie parlemont Cenis. Une troisième par le mont Genèvre, unissant le Piémont et le midi de la France , était ordonnée. Les ingénieurs parcouraientles lieux pour arrêter les projets. La réparation de la grande route ducol de Tende, traversant les Alpes maritimes , était entreprise. Ainsi labarrière des Alpes allait se trouver comme abaissée, entre la France et1 Italie , au moyen de ces quatre voies, praticables pour les plus grostransports civils et militaires. Le miracle du passage du Saint-Bernarddevenait inutile pour l'avenir, quand il faudrait courir au secours del'Italie .
Le canal de Saint-Quentin s'exécutait. Le premier consul était allévoir lui-même la canal de l'Ourcq, et avait ordonné la reprise des tra-