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LE TRIBUNAT. 183

de son côté, faisait, pour le rétablissement de nos colonies, des pré-paratifs dont on verra bientôt l'objet et l’étendue.

On avait voulu se rendre compte de l étal dans lequel la révolutionlaissait la France , sous le rapport de l’agriculture et de la population.Les recherches statistiques, impossibles lorsque des administrationscollectives géraient les affaires provinciales, étaient devenues prati-cables depuis l’institution des préfectures et des sous-préfectures. Onavait ordonné des recensements , qui avaient donné des résultats sin-guliers, confirmés d’ailleurs par les conseils généraux de départements,assemblés pour la première fois en l’an IX. Le travail relatif à la popu-lation était alors achevé pour 67 départements, sur les 102 dont laFrance se composait en 1801. La population qui, dans ces 67 dépar-tements s’élevait à 21,176,243 habitants en 1780 , s'élevait à22,297,443 en 1800. C’était une augmentation de onze cent milleâmes, c’est-à-dire d’environ un dix-neuvième. Ce résultat peu croyable,s’il n’avait été confirmé par les déclarations d’une foule de conseils gé-néraux , prouvait qu’après tout, le mal produit par les grandes révo-lutions sociales est plus apparent que réel, sous le rapport matériel dumoins, et que bientôt d’ailleurs le bien efface le mal avec une rapiditéprodigieuse. L’agriculture était en progrès presque partout. La sup-pression des capitaineries avait été extrêmement utile dans la plupartdes provinces. Si, en détruisant le gibier, elle avait détruit l’une desjouissances les plus avouables des classes riches, elle avait d’autre partdélivré l’agriculture de vexations ruineuses. La vente d’une quantitéde grandes terres avait amené des défrichements considérables , et misen valeur une partie du sol auparavant improductive. Beaucoup debiens d’Église , passés des mains d’un usufruitier négligent aux mainsd’un propriétaire intelligent cl actif, augmentaient chaque jour lamasse des produits agricoles. La révolution qui s’est faite chez nousdans la propriété territoriale, et qui, en la divisant en mille mains,a si prodigieusement augmenté le nombre des propriétaires, ainsique l’étendue des terrains cultivés, cette révolution s’accomplissait dansce moment, et donnait déjà des résultats immenses. Sans doute lesprocédés de la culture n’étaient pas encore sensiblement améliorés,mais l’exploitation du sol s’était étendue d’une manière extraordinaire.

Les forêts, soit de l’État, soit des communes , se ressentaient dudésordre administratif des derniers temps. C’était un des objets auxquelsil était urgent de pourvoir, car on défrichait les terres plantées en boisi