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LIVRE XIII.

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él on ne respectait ni les propriétés de 1 État ni celles des particuliers.L'administration des finances, saisie d’une grande quantité de forêtspar la confiscation des biens des émigrés, ne savait pas encore les sur-veiller et les exploiter avec avantage. Beaucoup de propriétaires, ouabsents, ou intimidés, abandonnaient la défense des bois dont ilsétaient possesseurs, les uns réellement, les autres fictivement pour leCompte des familles proscrites. C’était la conséquence d’un état dechoses qui allait heureusement cesser. Le premier consul avait donnéà la conservation de la richesse forestière de la France une attentionparticulière, et avait déjà commencé à rétablir l’ordre, et le respectdes propriétés. Un code rural était demandé partout, afin de prévenirles dommages causés par les troupeaux.

La nouvelle institution des préfets et des sous-préfets, créée par laloi de pluviôse an VIII, avait produit des résultats immédiats. Audésordre, à la négligence des administrations collectives, avaient suc-cédé la régularité, la promptitude d’exécution, conséquences prévuesCl nécessaires de l'unité du pouvoir. Les affaires de l’Etat et des com-munes en avaient également profité, car elles avaient enfin trouvé desagents qui s’en occupaient avec une application suivie. La confectiondes rôles et la perception de l’impôt, autrefois si négligées, notaienten retard nulle part. On commençait aussi à mettre de l’ordre dans lesrevenus et les dépenses des communes. Cependant plusieurs parties deleur administration étaient encore en souffrance. Les hôpitaux, parexemple, étaient tombés dans un état déplorable. L’anéantissement,d'une portion de leurs revenus, par la vente de leurs biens, par la pri-vation de beaucoup de perceptions abolies, les réduisait à la plusextrême détresse. On avait, pour quelques villes, imaginé l’octroi, etessayé en petit le rétablissement des contributions indirectes. Mais cesoctrois, encore mal assis, n étaient ni suffisants ni assez généralementemployés. Le service des enfants trouvés se ressentait aussi de la per-turbation générale. On voyait une quantité d’enfants abandonnés, quela charité publique ne recueillait plus, ou qui étaient confiés à de mal-heureuses nourrices, dont les gages n’étaient point payés. On rede-mandait presque partout les anciennes sœurs hospitalières, pour leservice des hôpitaux.

Les registres de l’état civil, enlevés aux prêtres et confiés aux offi-ciers municipaux, étaient fort mal tenus. Il fallait, pour mettre l’ordredans cette partie de l’administration, si importante pour létal des