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LIVRE XIV.

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effrayé,soumis le monde; jamais il ne fut si grand, car jamais il nefut si sage !

Aussi tous les corps de l’État vinrent de nouveau lui dire, dans desharangues pleines d’un sincère enthousiasme, qu’il avait été le vain-queur , qu’il était aujourd'hui le bienfaiteur de l’Europe . Le jeuneauteur de tant de biens, le possesseur de tant de gloire, était loin dose croire au terme de sa tâche ; il jouissait à peine de ce qu'il avait fait,tant il était impatient de faire davantage. Passionné alors pour lestravaux de la paix , sans être bien certain que cette paix durât long-temps, il était pressé d’achever ce qu'il appelait l’organisation de laFrance , et de concilier ce qu’il y avait de vrai, de bon dans la révo-lution , avec ce qu'il y avait d’utile , de nécessaire à tous les temps,dans l'ancienne monarchie. Ce qui lui tenait aujourd’hui le plus àcœur, c’était la restauration du culte catholique, l’organisation del’éducation publique, le rappel des émigrés, et l'institution de laLégion d'honneur. C'étaient là , non pas les seules choses qu il méditait,mais celaient, suivant lui, les plus urgentes. Maître désormais desesprits dans les corps de l'État, il usa des prérogatives de la consti-tution pour ordonner une session extraordinaire. Il était revenu le 31janvier 1802 (11 pluviôse) de la consulte tenue à Lyon ; le traitéd’Amiens avait été signé le 25 mars (4 germinal); les promotions aucorps législatif et au tribunal étaient finies depuis plusieurs semaines,et les nouveaux élus rendus à leur poste : il convoqua donc une sessionextraordinaire pour le 5 avril (15 germinal). Elle devait durer jus-qu’au 20 mai (30 floréal), c'est-à-dire un mois et demi. Cela suffisaità ses plans, quelque grands qu'ils fussent, car la contradiction qu ilétait exposé à rencontrer désormais ne pouvait lui faire perdre beau-coup de temps.

Le premier des projets soumis au corps législatif fut le concordat.C'était toujours le plus difficile des nouveaux projets à faire adopter,sinon par les masses populaires, au moins par les hommes qui en-touraient le gouvernement, civils et militaires. Le saint-siège, qui avaitmis tant de lenteur à concéder, tantôt le fond même du concordat,tantôt la bulle des nouvelles circonscriptions, tantôt la faculté d insti-tuer les nouveaux évêques , avait tout envoyé depuis longtemps aucardinal Caprara, pour qu’il fût en mesure de déployer les pouvoirsdu saint-siège, lorsque le premier consul le jugerait opportun. Lepremier consul avait pensé avec raison que la proclamation de la paix