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matin, tics détachements de cavalerie allèrent chercher les plénipo-tentiaires à leur demeure, et les escortèrent à l'iiôtel de ville, où unesalle avait été préparée pour les recevoir. Ils employèrent un certaintemps à revoir les copies du traité, et vers deux heures enfin, onintroduisit les autorités et la foule, empressées d'assister à ce spectacleimposautdes deux premières nations de l'univers se réconciliant à la facedu monde, se réconciliant, hélas ! pour trop peu de temps ! Les deuxplénipotentiaires signèrent la paix, et puis s’embrassèrent cordialement,aux acclamations des assistants émus et transportés de joie. Lord Com-wallis et Joseph Bonaparte furent reconduits à leurs demeures, au mi-lieu des démonstrations les plus bruyantes de la multitude. LordCormvallis entendit sou nom béni par le peuple français, et Josephrentra chez lui, entendant de toutes parts ce cri, qui devait êtrelongtemps , et qui aurait pu être toujours, le cri de la France : VireBonaparte !
Lord Cormvallis partit immédiatement pour Londres , malgré l'in-vitation qu’il avait reçue de se rendre à Paris . Il craignait que les l'a*ci 1 i tés de rédaction auxquelles il sciait prêté ne fussent point approuvéespar son gouvernement, et il voulut assurer la ratification du traité parsa présence.
L'heureuse issue du congrès d’Amiens , si elle n’excita pas chez lepeuple anglais les mêmes transports d’enthousiasme que la signaturedes préliminaires, le trouva encore joyeux et bruyant. Celte fois onlui dit qu’il allait jouir de la réalité de la paix, du bas prix des den-rées, et de l’abolition de l’ income-tax. Il le crut, et se montra vérita-blement satisfait.
L’etfet fut à peu près le même de notre coté. Moins de démonstrationsextérieures, pas moins de satisfaction réelle , tel fut le spectacle donnépar le peuple en France . Enfin, on croyait tenir la paix véritable,celle des mers, condition certaine et nécessaire de la paix du con-tinent. Après dix années de la plus grande , de la plus terrible luttequi se soit vue chez les hommes, on posait les armes : le temple deJanus était fermé.
Qui avait fait tout cela? Qui avait rendu la France si grande et siprospère, l’Europe si calme? Un seul homme, par la force de son épéecl par la profondeur de sa politique. La France le proclamait ainsi, etl'Europe entière faisait écho avec elle. Il a vaincu depuis, à Austerlitz,à Iéna , à Friedland, à Wagram , il a vaincu en cent batailles , ébloui,