CONSULAT A VIE.
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ila concordai, ce qui montre l’esprit du temps, même dansie sein ducorps législatif renouvelé. La députation fut présentée le 6 avril(16 germinal).
« Citoyen consul, dit le président du corps législatif, le premierbesoin du peuple franc.ais attaqué par l’Europe était la victoire, et vousavez vaincu. Son vœu le plus cher après la victoire était la paix, et vousla lui avez donnée. Que de gloire pour le passé! que d’espérance pourl'avenir ! Et tout cela est votre ouvrage ! Jouissez de l’éclat et dubonheur que la république vous doit! « Le président terminait cetteallocution par l’expression la plus vive de la reconnaissance nationale,mais il se taisait absolument au sujet du concordat. Le premier consulsaisit l’occasion de lui donner à ce sujet une sorte de leçon, et de neparler que du concordat à des gens qui ne parlaient que de la paixd’Amiens . « Je vous remercie , dit-il aux envoyés du corps législatif,des sentiments que vous m’exprimez. Votre session commence par l’o-pération la plus importante de toutes , celle qui a pour but l'apaise -ment des querelles religieuses. La France entière sollicite la fin de cesdéplorables querelles, et le rétablissement des autels. J’espère quedans votre vote vous serez unanimes comme elle. La France verra avecune vive joie que ses législateurs ont voté la paix des consciences , lapaix des familles, cent fois plus importante pour le bonheur despeuples que celle à l’occasion de laquelle vous venez féliciter le gou-vernement. »
Ces noblesparoles produisirent l’effetqu’en attendait le premier consul.Le projet, porté immédiatement du corps législatif au tribunat, yfut examiné avec gravité, même avec faveur, et discuté sans véhé-mence. Sur le rapport de M. Siméon, il fut adopté par 78 suffragescontre 7. Au corps législatif, 228 voix se prononcèrent pour, et 21contre.
Ce fut le 8 avril (18 germinal) que les deux projets furent convertisen lois. Il n’y avait plus d’obstacle. On était au jeudi ; le dimanchesuivant était le dimanche des Rameaux ; le dimanche d’après, celui dePâques . Le premier consul voulut consacrer ces jours solennels de lareligion catholique, à la grande fête du rétablissement des cultes. Iln’avait pas encore reçu officiellement le cardinal Caprara comme légatdu saint-siège. Il lui assigna le lendemain, vendredi, pour cette récep-tion officielle. L’usage dès légats à laterc est de faire porter devant euxla croix d’or. C’est le signe du pouvoir extraordinaire que le saint-siège