LIVRE XIV.
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évêque. Enfin, l'abbé Bernicr, le célèbre curé de Saint-Land d’Angers ,autrefois le meneur caché de la Vendée , depuis son pacificateur, et,sous le premier consul, le négociateur du concordat, reçut 1 évêchéd'Orléans . Ce siège n’était pas en rapport avec la haute influence quele premier consul lui avait laissé prendre sur les affaires de l'église deFrance ; mais l’abbé Bernicr sentait que les souvenirs de la guerrecivile, attachés à son nom, ne permettaient pas une élévation trop mar-quante et trop brusque; que le pouvoir réel dont il jouissait valaitmieux que les honneurs extérieurs. Le premier consul lui destinaitd’ailleurs le chapeau de cardinal.
Quand ces nominations, qui étaient arrêtées, mais qui ne devaientêtre publiées qu après la conversion du concordat en loi de l'État,furent communiquées au cardinal Caprara, celui-ci opposa une vive ré-sistance, versa même des larmes, se disant dépourvu de pouvoirs,bienqu'il eût reçu de Rome une latitude absolue, et jusqu'à la faculté ex-traordinaire d’instituer les nouveaux prélats sans recours au sainl-siége. MM. Portalis et Bernier lui déclarèrent que la volonté dupremier consul était irrévocable, qu’il fallait se soumettre ou renoncerà la restauration solennelle des autels, promise sous quelques jours. 11se soumit, écrivant au pape que le salut des âmes , privées de reli-gion s’il avait persisté , l’avait emporté dans son esprit sur l’intérêtdu clergé fidèle. « On me blâmera , disait-il au saint-père; mais j’aiobéi à ce que j’ai cru la voix du ciel ! »
Il consentit donc, se réservant d’exiger des constitutionnels nouvelle-ment élus une rétractation qui couvrit cette dernière condescendancedu saint-siège.
Tout étant prêt, le premier consul fit apporter le concordat au corpslégislatif, pour y être voté comme une loi , suivant les prescriptionsde la constitution. Au concordat étaient joints les articles organiques.Ce fut le premier jour de la session extraordinaire, 5 avril 1802(15 germinal), que le concordai fut présenté au corps législatif par lesconseillers d'Élat Portalis, Régnier et Régnault de Sainl-Jcan-d An-gély. Le corps législatif n'était point en séance quand le traitéd’Amiens, signé le 25 mars, avait été connu à Paris . Il n'avait doncpas été au nombre des autorités venues pour féliciter le premier consul.On proposa dès cette première séance d'envoyer une députation devingt-cinq membres, pour complimenter le premier consul à l’occasionde la paix générale. Dans cette proposition il ne fut pas dil un mol