CONSULAT A VIE.
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siastiques, qui tenaient lieu de traitement à la plupart des curés. Ilétait donc impossible de payer un instituteur primaire par commune.On se contenta d’en établir chez les populations assez aisées pour enTaire elles-mêmes les frais. La commune accordait le logement et l'é-cole, les écoliers payaient une rétribution calculée sur les besoins del'instituteur. C’était tout ce qu'on pouvait faire alors.
Pour le moment, le plus important était l'instruction secondaire.Le premier consul supprima dans son projet les écoles centrales, qui n’é-taient que des cours publics, sans ensemble, sans action sur la jeunesse.On comptait trente-deux écoles centrales, qui avaient plus ou moinsréussi. C’était une indication du besoin d’instruction dans les diversesparties de la France . Le premier consul projeta trente-deux établisse-ments, qu’il nomma lycées, d'un nom emprunté à l’antiquité, et quiétaient des pensionnats où la jeunesse, casernée, retenue pendant lesprincipales années de l'adolescence, devait subir la double influenced une forte instruction littéraire, et d’une éducation mâle, sévère, suf-fisamment religieuse, tout à fait militaire, modelée sur le régime del égalité civile. Il voulut y rétablir l'ancienne règle classique, qui as.signait aux langues anciennes la première place, ne donnait que laseconde aux sciences mathématiques et physiques, laissant aux écolesspéciales le soin d'achever l'enseignement des dernières. Il avait raisonen cela comme dans le reste. L’étude des langues mortes n’est pas seu-lement une étude de mots, mais une éfude de choses ; c’est l’étude del’antiquité avec Scs lois, ses mœurs, scs arts, son histoire si morale, sifortement instructive. Il n'y a qu’un âge pour apprendre ces choses :c’est l’enfance. La jeunesse une fois venue avec ses passions, avec soupenchant à l’exagération et au faux goût, l’âge mûr avec ses intérêtspositifs, la vie se passe, sans qu'on ait donné un moment à l’étude d'unmonde, mort comme les langues qui nous en ouvrent l'entrée. Si unecuriosité tardive nous y ramène, c’est à travers de pâles et insuffi-santes traductions qu’on pénètre dans celle belle antiquité. Et dansun temps où les idées religieuses se sont affaiblies, si la connaissancede l’antiquité s’évanouissait aussi, nous ne formerions plus qu'une so-ciété sans lien moral avec le passé, uniquement instruite et occupéedu présent ; une société ignorante, abaissée, exclusivement propre auxarts mécaniques.
Le premier consul voulut donc que, dans son projet, les études clas-siques reprissent leur rang. Les sciences ne venaient qu’après. On