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LES SÉCULARISATIONS.

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dix cercles, dont le dernier, celui de Bourgogne , n’était guère plusqu’un vain titre, car il comprenait des provinces échappées depuis long-temps à l’empire. Le prince le plus puissant du cercle en était le direc-teur. Il appelait à délibérer les États qui le composaient; il exécutaitleurs résolutions, et venait au secours des États menacés de violence.Deux tribunaux d’empire, l'un à Wetzlar, l’autre à Vienne , rendaientla justice entre ces confédérés si divers, rois, princes, évêques, abbés,républiques.

Telle quelle, cette constitution était un vénérable monument dessiècles. Elle offrait quelques-uns des caractères de la liberté, non decelle qui protège les individus dans les sociétés modernes, mais de cellequi protège les États faibles contre les États puissants, en les admettantà défendre, au sein d'une confédération, leur existence, leurs propriétés,leurs droits particuliers, et à en appeler de la tyrannie du plus fort àla justice de tous. Il en naissait un certain développement d’esprit, uneprofonde étude du droit des gens, un assez grand art de manier leshommes dans les assemblées, fort semblable, quoique avec des appa-rences différentes, à celui qui se pratique dans les gouvernementsreprésentatifs existant de nos jours.

Les sécularisations devaient produire dans cette constitution un chan-gement considérable. D’abord elles faisaient disparaître, du collègeélectoral, les trois électeurs ecclésiastiques, et du collège des princesun grand nombre de membres catholiques. La majorité catholique,qui avait été dans ce second collège de 54 voix contre 43, allait sechanger en minorité, car les princes appelés à hériter des voix ecclé-siastiques étaient presque tous protestants. C’était un trouble profondapporté à la constitution et à l’équilibre des forces. Sans doute la tolé-rance résultant de l'esprit du siècle avait enlevé aux mots de parti pro-testant et de parti catholique leur ancienne signification religieuse ;mais ces mots avaient acquis une signification politique extrêmementsérieuse. Le parti protestant signifiait le parti prussien, le parti catho-lique signifiait le parti autrichien. Or, ces deux influences se parta-geaient depuis longtemps l’Allemagne . On peut dire que la Prusse étaitdans l’empire le chef de l’opposition, l’Autriche le chef du parti dugouvernement. Frédéric le Grand , en faisant de la Prusse une puis-sance de premier ordre au moyen des dépouilles autrichiennes, avaitallumé entre les deux grandes maisons allemandes une haine violente.Cette haine, un moment assoupie en présence de la révolution fran-