LIVRE XV.
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ses assertions, admettait au contraire toutes celles de l’Autriche , etdemandait pour celle-ci autant qu’on aurait pu demander à Vienne .L’évêché de Salzbourg , la prévôté de Berchtolsgaden, accordés d’uu con.sentement général à l’archiduc Ferdinand, produisaient à peu prèsautant que la Toscane , c’est-à-dire 2,500,000 florins. On ajoutaitcependant à ces deux principautés les évêchés de Trente et de Brixen .Mais M. de Markoff, porte-parole de l’Autriche , ne voulait pas qu’ontint compte de cette addition. Ces évêchés étaient dans le Tyrol, et dèslors, suivant lui, tellement, à l’Autriche , que c’était ôter à l’empereurpour donner à un archiduc. On répondait à cela que Trente et Brixen étaient des principautés ecclésiastiques, tout à fait indépendantes,quoique enclavées dans le territoire autrichien , et quelles ne seraientà l'Autriche que lorsqu’on les lui aurait attribuées formellement.
L’Autriche voulait en outre levèché de Passau , qui lui assuraitl’importante place de Passau, située au confluent de l'Inu et du Danube ,et formant une tête de pont sur la Bavière . On consentait bien àdonner à l’Autriche l’évêché de Passau sans la place, ce qui était pos-sible et convenable, car le territoire de cet évêché se trouvait compristout entier en Autriche, et la place de Passau en Bavière . Accordercette place à l’Autriche, c’eût été lui accorder, à l'égard de la Bavière ,une position offensive et menaçante. Rien n’était donc plus naturel quede concéder levèché à l’archiduc Ferdinand, et Passau à l’électeurpalatin. Mais l’Autriche tenait à Passau comme à uneposition capitale,et M. de Markoff la défendait pour l’Autriche avec la plus extrêmechaleur. Pourtant on voulait terminer celte longue négociation, et M. deMarkoff, sentant qu’on finirait par se passer de la Russie , consentit enfinù transiger, et tomba d’accord avec M. de Talleyrand du plan définitif.
Les avantages déjà concédés par le premier consul à la Prusse et àla maison d’Orange, quoique vivement contestés par M. de Markoff,furent insérés tout entiers dans le plan définitif. C’étaient, ainsi qu’onl’a vu, pour la Prusse les évêchés de Hildesheim , de Paderhorn, de Mun-ster (ce dernier en partie seulement), l’Eiclisfeld, Erfurth, plus quelquesabbayes et villes libres; et pour la maison d’Orange-Nassau , Fulde etCorvey . On inséra dans le même plan les conditions déjà stipulées pourla Bavière, c’est-à-dire les évêchés de Freisingcn et d’Augsbourg , lecomté de Werdenfels, l’abbaye de Kempten, la ville de Passau sansl’évêché, les évêchés d’Aichstedt, de Wurtzbourg et de Bamberg , plusdiverses villes libres et abbayes de Souabe .