Band 
[3. - 4.]
Seite
67
JPEG-Download
 

LES SÉCULARISATIONS.

67

L’Autriche dut recevoir pour l’archiduc de Toscane les évêchés deBrixen,de Trente, de Salzbourg, de Passau (ce dernier sans la place dePassau ), la prévôté de Berchtolsgaden. C’était un revenu de 3,500,000florins, en dédommagement d'un revenu net de 2,500,000, avec l’avan-tage d'une contiguïté de territoire, que ne présentait pas la Toscane .L’Autriche ne gagnait rien en Souabe , elle y gardait ses anciennes pos-sessions. C’était à elle, si elle le voulait, à les échanger pour la fron-tière de 1 Inn. Le Brisgau était, comme dans les traités antérieurs,assuré au duc de Modène.

On traita fort bien la maison de Baden, ce qui paraissait intéressermédiocrement M. de Markoff. Elle avait perdu diverses seigneuries etterres dans l’Alsace et le Luxembourg , représentant au plus 315,000florins de revenu. Ou lui assura en territoires à sa portée, tels que l’é-vêché de Constance, les restes des évêchés de Spire, Strasbourg et Bâle ,les bailliages de Ladenbourg, Bretten et Heidelberg ; on lui assura450,000 florins, sans compter la dignité électorale qui lui était des-tinée.

La maison de Wurtemberg ne fut pas moins favorablement traitée.On lui concéda la prévôté d’Ellwangen , et diverses abbayes formant unrevenu de 380,000 florins, en compensation de 250,000 qu’elle avaitperdus.

Les maisons de Hesse et de Nassau furent également indemnisées enterritoires situés à leur portée, et proportionnés à leurs pertes. Lesprinces inférieurs furent soigneusement défendus par la France , et con-servèrent des revenus à peu près équivalents à ceux dont ils avaient étédépouillés. Les maisons d’Aremberg, de Solms , furent placées en West-phalic. Les comtes de Westphalie obtinrent le bas évêché de 31unster.On s’était peu occupé de l’Angleterre, qui ne semblait pas mettre grandintérêt à la question des indemnités germaniques. Cependant on n’avaitpas oublié que le roi George III était électeur de Hanovre , et qu’il at-tachait, beaucoup de prix à cette ancienne couronne de sa famille. Il laregardait même comme sa dernière ressource, dans ces moments desombre tristesse où il croyait voir l’Angleterre bouleversée par une ré-volution. On voulait le disposer favorablement, et, comme on lui de-mandait d’ailleurs l’abandon de quelques droits en faveur des villes deBrême et de Hambourg , et divers petits sacrifices en faveur de la Prusse,on lui concéda en dédommagement l’évêché d'Osnabruck , contiguau Hanovre ; indemnité fort supérieure h ce qu’il perdait, et qui