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LIVRE XV.
niquer à la cour d’Autriche le projet de médiation, lui déclarer qu’onn’avait pas voulu la blesser, qu’on ne le voulait pas encore, mais quel’impossibilité de s’entendre avec elle avait obligé à prendre imparti dé-finitif, parti impérieusement réclamé par le repos de l’Europe . On insi-nuait, au surplus, que le plan ne réglait pas toutes choses d’une manièreirrévocable, qu’il restait en dehors bien des moyens de servir la courde Vienne, soit dans ses négociations avec la Bavière , soit dans sesefforts pour assurer à des archiducs la succession de l’ordre Teutonique ,et du dernier électorat ecclésiastique; que, dans toutes ces choses, lacondescendance du premier consul serait proportionnée à la condescen-dance de l’empereur. Au reste, M. de Champagny, notre ambassadeur,avait ordre de n’entrer dans aucun détail, et de faire comprendre quetoute discussion sérieuse devait s’engager exclusivement à Ilalis-bonne.
Au milieu de ces inévitables délais de la diplomatie, les princes in-demnisés étaient fort impatients d’occuperlcs territoires qui leur étaientdévolus, et ils avaient demandé à les occuper immédiatement. LaFrance y avait consenti, afin de rendre le plan proposé à peu près irré-vocable. Sur-le-champ la Prusse fit occuper Ilildeshcim, Paderborn ,Munster, l’Eichsfeld, Erfurth. Le Wurtemberg, la Bavière , quin étaient pas moins impatients que la Prusse , envoyèrent des détache-ments de troupes dans les principautés ecclésiastiques qui leur étaientassignées. La résistance de la part de ces principautés ne pouvait êtregrande, car c’étaient ou de vieux prélats, ou des chapitres administrantles bénéfices vacants, n’ayant ni moyens ni volonté de se défendre. Ladureté des occupants valait bien, sous quelques rapports, la dureté re-prochée autrefois à la révolution française. La protectrice naturelle deces malheureux ecclésiastiques était l’Autriche , chargée d’exercer lapuissance impériale. Mais la plupart d’entre eux étaient placés bienloin de son territoire, et ceux qui se trouvaient à sa portée, comme lesévêques d’Augsbourg, de Freisingen, ne pouvaient être secourus sansvioler le territoire bavarois, ce qui eût été un acte d’une immense gra-vité. Toutefois il y avait un de ccs évêchés facile à garantir de l’occupa-tion bavaroise, et important à conserver; c'était l’évêché de Passau .Entreprendre sa défense était un acte de vigueur, propre à relever lasituation fort abaissée de l’Autriche .
Nous avons déjà indiqué la position géographique de cet évêché, toutentier enclavé en Autriche , et n’ayant sur le territoire bavarois qu’un