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LIVRE XV.

Ces précautions étaient indispensables, et elles obtinrent le résultatqu’on en attendait. Aucun des États supprimés ne se présenta, et dansles premiers jours de janvier la diète commença ses délibérations. Leprotocole était ouvert. On appelait successivement les Etats dans lestrois collèges. Les uns opinaient immédiatement, les autres se réser-vaient d’opiner plus tard, comme il était d’usage à la diète. On atten-dait, pour se prononcer définitivement, le dernier remaniement quedevait subir le conclusum proposé, par suite de la négociation enta-mée à Paris entre la France et la cour de Vienne .

Les choses avaient été conduites où le voulait le premier consul pouraccorder enfin une satisfaction à l’Autriche . A la rigueur, on aurait puse passer de sa bonne volonté jusqu’au bout, et faire voter les troiscollèges malgré son opposition. Les Allemands, même les plus cha-grins, sentaient bien qu’il fallait en finir, et ils étaient résolus .à voterpour le recez, après quoi les prises de possession déjà consomméesauraient été revêtues d’une sorte de légalité, et le refus de sanction dela part de l’empereur n’aurait pas empêché les indemnisés de jouirpaisiblement de leurs nouveaux territoires. Cependant l’opposition del’empereur à la constitution nouvelle, quelque déraisonnable quelle fût,aurait placé l’empire dans une situation fausse, incertaine, et peu con-forme aux intentions pacifiques des puissances médiatrices. Il valaitmieux transiger, et obtenir l’adhésion de la cour de Vienne . C’étaitl’intention du premier consul : il n’avait attendu si longtemps quepour avoir moins de sacrifices à faire à l’Autriche , et moins de sacrificesà exiger de la Bavière ; car c’était à celle-ci qu’il fallait demander cequ’on accorderait à celle-là.

En effet, vers les derniers jours de décembre, il avait consenti des’aboucher avec M. de Cobentzel, et il était enfin tombé d’accord aveclui de quelques concessions en faveur de la maison d’Autriche . LaBavière ayant montré une répugnance invincible à concéder la lignede l’Inn , soit à cause des salines très-précieuses qui se trouvaient entrel’Inn et la Salza, soit à cause de la situation de Munich , qui se seraittrouvé trop près de la nouvelle frontière, il avait fallu renoncer à cettesorte d’arrangement. Alors le premier consul s’était réduit à céderl’évêché d’Aiclistedt, placé sur le Danube , contenant 70,000 habitants,rapportant 350,000 florins de revenu, et primitivement destiné à lamaison palatine. Moyennant celte augmentation accordée à l’archiducFerdinand, on retirait de son lot les duchés de Brixen et de Trente,