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LIVRE XV.

31 contre 62. Il fallait pourtant en finir de toutes ces questions, sur-tout de celle qui était relative aux quatre cent treize mille florins. LaBavière , qui avait perdu trois cent cinquante mille florins avecAiclistedt, ne pouvait être contrainte à en donner deux cent mille. Elleles avait refusés, et on avait trouvé ce refus naturel. Mais la Prusse,bien quelle n’eût rien perdu, ne voulut point supporter sa part d’unaussi léger fardeau. On ne fera pas la guerre pour deux cent mille flo-rins, avait dit M. d’Haugwilz; triste propos, qui avait blessé tout lemonde à Ratisbonne , et placé le rôle de la Prusse fort au-dessous decelui de l’Autriche , laquelle en résistant défendait au moins des terri-toires et des principes constitutionnels.

Le premier consul, à la rigueur, aurait pu vaincre cette avarice ;mais ayantbesoin de la Prussejusqu’à la fin pour faire réussir son plan,il était obligé de la ménager. On ne savait comment payer, ni l'ar-chichancelier, ni les pensions des ecclésiastiques, ni quelques autresdettes anciennement assignées sur les biens réservés. Répartir cettecharge sous forme de mois romains * sur la totalité du corps germa-nique, était impossible, vu la difficulté insurmontable, en tout temps,de faire solder par la confédération les dépenses commu nes. L’état dedélabrement des places fédérales en était la preuve. Om fut réduit àimaginer un moyen, qui diminuait un peu la libcralitté du premierplan français , à l’égard de la navigation des fleuves. On aivait supprimétous les péages sur l’Elbe, le Wescr, le Rhin . Cepemdant il fallaitpourvoir à quelques dépenses indispensables d’entretien, comme leschemins de halage, par exemple, sans quoi la navigation aurait étébientôt interrompue. On prit le parti d’établir sur le Rhin un octroimodéré, fort inférieur à tous les péages de nature féodale dont lefleuve avait été autrefois grevé, et sur l’excédant que laisserait cetoctroi on résolut de prendre les 350,000 florins du prince archichan-celier, les 10,000 florins du duc d’Oldembourg, les 53,000 des maisonsd’Isembourg et de Stolberg , et quelques mille florins encore pourmettre d’accord divers princes, qui se renvoyaient mesquinement desassignations qu’ils ne voulaient pas supporter. De la sorte on satisfitl’avarice de la Prusse, on déchargea la Bavière des 200,000 florinsqu’elle aurait dû fournir pour sa part, on réduisit la perle quelle avaitsubie en cédant Aiclistedt ; on accomplit la promesse faite au prince

1 On appelait mois romains les dépenses communes réparties sur toute la con-fédération, d’après des proportions anciennement établies.