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archichancelier de lui assurer un revenu indépendant. Tous les Al-lemands le voulaient ainsi, car ils trouvaient qu’un million de florinsde revenu était tout juste suffisant pour le prince qui avait l'honneurde présider la diète germanique, et qui était le dernier représentantdes trois électeurs ecclésiastiques du saint-empire. Il fut constitué l'ad-ministrateur unique de cet octroi, de concert avec la France , qui avaitle droit de veiller aux dépenses à faire à la rive gauche. Sous ce pointde vue, la France n’avait pas à se plaindre de cct arrangement, car,dès ce moment, le prince archichancelier avait tout intérêt à entre-tenir de bons rapports avec elle.
Enfin le plan, remanié pour la dernière fois, fut adopté le 25 février(6 ventôse anXI) comme acte final par la députation extraordinaire,et envoyé immédiatement à la diète, où il fut voté à la presque unani-mité par les trois collèges. Il ne rencontra d'opposition que de lapart de la Suède , dont le monarque, révélant déjà les troubles d’espritqui l'ont, précipité du trône, étonnait l'Europe de scs royales folies. Ilinfligea un blâme violent aux puissances médiatrices et aux puissancesallemandes, qui avaient concouru à porter une atteinte si grave à l’an-tique constitution germanique. Cette boutade ridicule d'un prince dontpersonne ne tenait compte en Europe , n’altéra point la satisfactionqu’on éprouvait de voir finir les longues anxiétés de l’empire.
Les Allemands, même ceux qui regrettaient l’ancien ordre de choses,mais qui conservaient un peu d’équité dans leurs jugements, recon-naissaient que l’on recueillait en cette occasion les inévitables fruitsd’une guerre imprudente ; que la rive gauche du Rhin ayant été perduepar suite de cette guerre, il avait bien fallu faire un nouveau partagedu sol germanique ; que ce partage sans doute était plus avantageuxaux grandes maisons qu’aux petites, mais que, sans la France , celteinégalité eut été bien plus dommageable encore; que la constitution,modifiée sous plusieurs rapports, était cependant sauvée, quant aufond des choses, et n'avait pu être réformée dans un esprit de conser-vation plus éclairé. Ils reconnaissaient enfin que, sans la vigueur dupremier consul, l’anarchie se serait introduite en Allemagne , par suitedes prétentions de tout genre soulevées dans le moment. Ce qui prouvemieux que tous les discours le sentiment qu’on éprouvait alors pourle chef du gouvernement français , c’est qu’à la vue de plusieurs ques-tions restées en suspens, on désirait que sa main puissante ne seretirât pas tout de suite des affaires germaniques. On souhaitait que la