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RUPTURE RE LA PAIX d’aMIENS.

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Christophe. Ses agitations passèrent bientôt dans l’âme du capitainegénéral, qui se trouvait placé entre l’obligation de remplir sa mission,et la crainte d’exposer aux fureurs des noirs une population blanche etfrançaise. Il fallait cependant qu’il descendit à terre. Il promit doncaux habitants du Cap d’agir avec promptilude et vigueur, de manièreà surprendre Christophe, et à ne pas lui laisser le temps d’accomplirses horribles instructions. Il les exhorta vivement à s’armer pour dé-fendre leurs personnes et leurs biens, et leur remit une proclamationdu premier consul, destinée à rassurer les noirs sur le but de l’expé-dition. Il fallut ensuite regagner le large pour obéir à une conditiondes vents, régulière dans ces parages. Le capitaine général, une fois enpleine mer, arrêta, de concert avec l’amiral Villaret-Joycuse, un plande débarquement. Ce plan consistait à placer les troupes sur les fré-gates, à les débarquer dans les environs du Cap, au delà des hauteursqui dominent la ville, près d’un lieu qu’on appelle l’embarcadère duLimbé ; puis, tandis quelles essayeraient de tourner le Cap, à pénétreravec l’escadre dans les passes, et à faire ainsi une double attaque parterre et par mer. On espérait, en agissant avec une grande célérité,enlever la ville avant que Christophe eût le temps de réaliser ses sinistresmenaces. Le capitaine Magon et le général Rochambeau, s’ils avaientréussi au Fort-Dauphin qu’ils étaient chargés d’occuper, devaientseconder le mouvement du capitaine général.

Le lendemain on transféra les troupes sur des frégates et des bâti-ments légers, puis on les mit à terre près de l’embarcadère du Limbé.Cette opération prit toute une journée. Le jour suivant, les troupes semirent en marche pour tourner la ville, et l’escadre s’engagea dans lespasses. Deux vaisseaux, le Patriote et le Scipion , s’embossèrentdevant le fort Picolet, qui tirait à boulets rouges, et l’eurent bientôtréduit au silence. La journée était avancée; la brise de terre, qui lesoir succède à la brise du large, obligeait de nouveau l’escadre às’éloigner, pour n’aborder que le lendemain. Tandis qu’on gagnait lapleine mer, on eut la douleur de voir une lueur rougeâtre s’élever surles flots, et bientôt les flammes dévorer la ville du Cap. Christophe,quoique moins féroce que son chef, avait cependant obéi à ses ordres ;il avait mis le feu aux principaux quartiers, et, se bornant au meurtrede quelques blancs, avait obligé les autres à le suivre dans les mornes.Pendant qu’une partie de ces malheureux blancs expirait sous le ferdes nègres, ou était emmenée par eux, le reste, suivant en troupe la