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LlVttK XVI.

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de contenir 50 hommes de garnison, quelques vivres, quelquesmunitions, et de servir d'appui aux colonnes mobiles. Plein de lapensée qu'on devait songer à civiliser le pays autant qu'à le contenir,il avait ordonné le perfectionnement de la navigation du Blavet pourrendre ce cours d’eau navigable jusqu'à Pontivy . C’est ainsi que futformé le premier projet de cette belle navigation, qui longe les côtesde la Bretagne depuis Nantes jusqu’à Brest , pénétrant par plusieursvoies navigables dans l'intérieur de la contrée, et assurant l’approvi-sionnement en tout temps du grand arsenal de Brest . Le premier consulavait résolu de faire construire à Pontivy de grands bâtiments pour yrecevoir des troupes, un nombreux état-major, des tribunaux, uneadministration militaire, des manufactures enfin qu’il voulait créer auxfrais de l’État. Il avait prescrit la recherche des lieux les plus propresà fonder des villes nouvelles, soit dans la Bretagne, soit dans la Vendée .Il faisait travailler en même temps aux fortifications de Quibcron, deBelle-Isle, de l’Ile-Dieu . Le fort Boyard était commencé, d’après sespropres plans, dans le but de faire du bassin compris entre la RochellG,Rochcfort, les îles de Ré et d'OIcrou, une rade, vaste, sûre et inacces-sible aux Anglais. Cherbourg devait naturellement appeler toute sonattention. N’espérant pas achever la digue assez tôt, il avait ordonnéd’en presser l’exécution particulièrement sur trois points, afin de lesfaire sortir de l’eau le plus prochainement possible, et d’y établir troisbatteries capables de tenir l’ennemi en respect.

Au milieu de ces travaux entrepris pour la grandeur maritime,commerciale et militaire de la France , le premier consul savait trouverdu temps pour s’occuper des écoles, de l’Institut, delà marche dessciences, de l’administration du clergé.

Sa soeur Élisa, son frère Lucien , formaient avec MM. Suard, Mo-rellet, Fontanes, ce que dans notre histoire littéraire on a nommé unbureau d’esprit. Ou y affectait beaucoup de goût pour les souvenirs dupassé, surtout en fait de littérature; et il faut avouer que si le goût dupassé est justifié, c’est en ce genre. Mais à ce goût fort légitime, onmêlait d autres goûts fort puérils. On affectait de préférer les anciennescompagnies littéraires à l'Institut, et on y parlait tout haut du projetde reconstituer l’Académie française , avec les gens de lettres qui avaientsurvécu à la révolution, et qui ne l’aimaient guère, tels que MM. Suard,La Harpe, Morellet, etc. Les bruits répandus à ce sujet produisaientun effet fâcheux. Le consul Gombacérès, attentif à toutes les circon-