RUPTURE DE LA PAIX DAMIENS.
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etc ralentis pour porter toutes les ressources disponibles sur celle dumontGcnèvre, enfin d’en avoir une au moins terminée en 1803- Quantà la place d’Alexandrie , elle était devenue l’objet d’une correspondancejournalière avec l’habile ingénieur Chasseloup. On y préparait descasernes pour une garnison permanente de six mille hommes, des hô-pitaux pour trois mille blessés, des magasins pour une grande armée.La refonte de toute l’artillerie italienne venait d’être commencée, dansle but de la ramener aux calibres de 6, de 8 et de 12. Le premierconsul recommandait une grande fabrication de fusils au vice-présidentMelzi . « Vous n'avez que cinquante mille fusils, lui écrivait-il, cen’est rien. J’en ai cinq cent mille en France , indépendamment de ceuxqui sont aux mains de l’armée. Je n’aurai pas de repos, tant que jen'en posséderai pas un million. »
Le premier consul venait d'imaginer des colonies militaires, dontl’idée première était empruntée aux Romains. Il avait prescrit dechoisir dans l’armée des soldats et des officiers, comptant de longs ser-vices et d’honorables blessures, de les conduire en Piémont , de leurdistribuer là des biens nationaux, situés autour d’Alexandrie , et d’unevaleur proportionnée à leur situation, depuis le soldat jusqu'à l’officier.Ces vétérans ainsi dotés devaient se marier avec des femmes piémon-taiscs,se réunir deux fois par an pour manœuvrer,et au premier dangerse jeter dans la place d’Alexandrie avec ce qu’ils auraient de plus pré-cieux. C’était une manière de verser à la fois du sang et des sentimentsfrançais en Italie . La même institution devait être établie dans lesnouveaux départements du Rhin, autour de Mayence .
L’auteur de ces belles conceptions méditait quelque chose de sem-blable pour les provinces de la république encore infectées d’un mauvaisesprit, telles que la Vendée et la Bretagne . Il voulait y fonder à la foisde grands établissements et des villes. Les agents de George venantd’Angleterre descendaient dans les îles de Jersey et de Guernesey ,abordaient sur les côtes du Nord, traversaient la péninsule bretonne par Loudéac et Pontivy, se répandaient soit dans le Morbihan , soitdans la Loire-Inférieure , pour y entretenir la défiance, et au besoin ypréparer la révolte. Le premier consul, correspondant avec la gendar-merie, en dirigeait lui même les mouvements et les recherches, et,prévoyant la possibilité de nouveaux troubles, avait imaginé de con-struire, dans les principaux passages des montagnes ou des forêts, destours surmontées d’une pièce d’artillerie tournant sur pivot, capables