RUPTURE DE LA PAIX DAMIENS.
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pensation. Et la preuve de ce danger est dans les relations actuelles dela France avec l'Angleterre. Nous sci ions en paix sans les journaux, etnous voilà presque en guerre. Votre législation est donc mauvaiserelativement à la presse. Vous devriez tout permettre contre votregouvernement, rien contre les gouvernements étrangers. Néanmoins jelaisse de côté les injures des gazettes anglaises. Je respecte vos lois ,meme dans ce qu’elles ont de fâcheux pour les autres nations. C’est undésagrément de voisinage auquel je me résigne. Mais les Français quifont à Londres un si odieux usage de vos institutions, qui écrivent desi grandes indignités, pourquoi les souffrez-vous en Angleterre P Vouspossédez l'alien-bill, qui a justement pour but d’empêcher les étrangersde nuire; pourquoi ne l’appliquez-vous pas? Et George, et scssieaircs, tous complices démontrés de la machine infernale, et lesévêques d’Arras , de Saint-Pol-de Léon, excitant publiquement à larévolte les populations de la Bretagne , pourquoi refusez-vous de lesexpulser? Que devient, dans vos mains, le traité d’Amiens , qui sti-pule expressément qu’on ne souffrira aucune menée dans l’un des deuxÉtats contre l’autre? Vous donnez asile aux princes émigrés, cela estrespectable sans doute. Mais le chef de leur famille est à Varsovie ,pourquoi ne les pas renvoyer tous auprès de lui ? Pourquoi surtoutleur permettre de porter des décorations que les lois françaises nereconnaissent plus, et qui sont l’occasion de hautes inconvenancesquand ces décorations sont portées à côté de l’ambassadeur de France ,en sa présence, souvent à la même table? Vous me demandez, ajou-tait-il, un traité de commerce et de meilleures relations entre les deuxpays : commencez donc par vous montrer moins malveillants envers laFrance , et alors je pourrai chercher s’il existe des moyens de conciliernos intérêts rivaux.» Il n’y avait, certes, rien à reprendre dans de telsraisonnements, rien que la faiblesse du grand homme qui, dominantl’Europe , se donnait la peine de les faire. Qu’importaient en effet autout-puissant vainqueur de Marengo, et George, et Peltier, et le comted’Artois avec ses royales décorations ? Contre les poignards des assas-sins , il avait sa fortune; contre les outrages des pamphlétaires, il avait;sa gloire ; contre la légitimité des Bourbons, il avait l’amour de laJFrance ! Mais ô faiblesse des grands cœurs ! Cet homme, placé si haut,fse tourmentait de ce qui était si bas ! Nous avons déjà déploré cette'erreur de sa part, et nous ne pouvons nous empêcher de la déplorerencore, en approchant du moment où elle produisit de si funestesconséquences.