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LIVRE XVI.

Andermatt à se replier devant eux. Ces insurgés se composaient depaysans, au nombre de quinze cents ou deux mille, portant des crucifixet des carabines, précédés par les soldats des régiments suisses , ancien-nement au service de la France , vieux débris du dix août. Ils parurentbientôt aux portes de Berne , et tirèrent quelques coups de canon avecde mauvaises pièces qu'ils traînaient à leur suite. La municipalité deBerne , sous prétexte de sauver la ville, intervint, et négocia une capi-tulation. Il fut convenu que le gouvernement, pour ne pas exposerBerne aux horreurs d’une attaque de vive force, se retirerait avec lestroupes du général Andermatt dans le pays de Vaud . Celte capitulationfut immédiatement exécutée; le gouvernement se rendit à Lausanne ,où il fut suivi par le ministre de France . Scs troupes, concentrées depuisqu'il avait cédé le pays aux insurgés, étaient à Payern , au nombre dequatre mille hommes , assez bien disposés, encourages d’ailleurs parles dispositions qui éclataient dans le paya.de Vaud , mais incapablesde reconquérir Berne .

Le parti oligarchique s’établit aussitôt à Berne , et, pour faire leschoses complètement, réinstalla l'avoyer qui était en charge en 1798,à l’époque même où la première révolution s’était faite. Cet avoyerétait M. de Mulinen. Il ne manquait donc rien à cette contre-révolu-tion, ni le fond, ni la forme; et, sans les folles illusions des partis,sans les bruits ridicules, répandus en Suisse , sur la prétendue impuis-sance du gouvernement français , on ne comprendrait pas une tenta-tive aussi extravagante.

Cependant, les choses amenées à ce point, il ne fallait guère comptersur la patience du premier consul. Les deux gouvernements, siégeantà Lausanne et à Berne , venaient de dépêcher des envoyés auprès delui, l’un pour le supplier d’intervenir, l’autre pour le conjurer de n’enrien faire. L’envoyé du gouvernement oligarchique était un membremême de la famille de Mulinen. Il avait mission de renouveler les pro-messes de bonne conduite dont M. Rcding avait été si prodigue, etqu'il avait si mal tenues, de s’aboucher, en même temps, avec lesambassadeurs de toutes les puissances à Paris, et de mettre la Suisse sous leur protection spéciale.

Supplications de faire ou de ne pas faire étaient désormais inutilesauprès du premier consul. En présence d’une contre-révolution fla-grante, qui avait pour but de livrer les Alpes aux ennemis de laFrance , il n’était pas homme à hésiter. Il ne voulut point recevoir