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RLTTERE CE LA PAJX D AMIENS.

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l'agent du gouvernement oligarchique, mais il répondit aux intermé-diaires qui s’étaient chargés de porter la parole pour cet agent, que sarésolution était prise. « Je cesse, leur dit-il, d’ètre neutre et inac-tif. J ai voulu respecter l'indépendance de la Suisse , et ménager lessusceptibilités de l’Europe ; j’ai poussé le scrupule jusqu’à une véri-table faute, la retraite des troupes françaises . Mais c'est assez de con-descendance pour des intérêts ennemis de la France . Tant que je n'aivu en Suisse que des conflits qui pouvaient aboutir à rendre tel partiun peu plus fort que tel autre, j’ai dû la livrer à elle-même; maisaujourd’hui qu’il s’agit d’une contre-révolution patente, accomplie pardes soldats autrefois au service des Bourbons, passés depuis à la soldede l'Angleterre, je ne peux m’y tromper. Si ces insurgés voulaientme laisser quelque illusion, ils devaient mettre plus de dissimulationdans leur conduite, et ne pas placer en tète de leurs colonnes les soldatsdu régiment de Bachmann. Je ne souffrirai la contre-révolution nullepart, pas plus en Suisse, en Italie, en Hollande, qu’en France même. Jene livrerai pas à quinze cents mercenaires, gagés par l’Angleterre, cesformidables bashons des Alpes , que la coali lion européenne n’a pu, endeux campagnes, arracher à nos soldats épuisés. On me parle de lavolonté du peuple suisse ;je ne saurais la voir dans la volonté de deuxcents familles aristocratiques. J’estime trop ce brave peuple pour croirequ’il veuille d’un tel joug. Mais, en tout cas, il y a quelque chose dontje tiens plus de compte que de la volonté du peuple suisse , c’est de lasûreté de quarante millions d'hommes, auxquels je commande. Je vaisme déclarer médiateur de la confédération helvétique, lui donner uneconstitution fondée sur l’égalité des droits et la nature du sol. Trentemille hommes seront à la frontière pour assurer l’exécution de mesintentions bienfaisantes. Mais si, contre mon attente, je ne pouvaisassurer le repos d’un peuple intéressant, auquel je veux faire tout lebien qu’il mérite, mon parti est pris. Je réunis à la France tout ce qui,par le sol et les mœurs, ressemble à la Franche-Comté ; je réunis lereste aux montagnards des petits cantons, je leur rends le régimequ’ils avaient au quatorzième siècle, et je les livre à eux-mêmes. Monprincipe est désormais arrêté : ou une Suisse amie de la France , oupoint de Suisse du tout. »

Le premier consul enjoignit à M. de Tallcyrand de faire partir deParis, sous douze heures, l’envoyé de Berne , et de lui dire qu’il nepouvait plus servir ses commettants qu’à Berne même, en leur con-