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RUPTURE DE LA PAIX DAMIENS.

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des indemnités germaniques : elle ne l'ignorait pas, et, pressée d'avoirla paix, elle avait signé le traité d’Amiens , sans s’embarrasser des in-térêts du continent. Et maintenant que la paix avait à ses yeux moinsde cliarme que dans les premiers jours; maintenant que son commercen’y trouvait pas autant d’avantage qu elle l'avait espéré d’abord ; main-tenant que le parti de M. Pitt levait la tète; maintenant enfin que lecalme, succédant aux agitations de la guerre, permettait d'apercevoirplus distinctement la puissance, la gloire de la France , l'Angleterreétait saisie de jalousie! et, sans pouvoir invoquer aucune violation dutraité d'Amiens , elle nourrissait la pensée de le violer elle-même , dela manière la plus audacieuse et la plus inouïe !

Il nous semble que M. dllaugvvitz, dans sa rare justesse d'esprit,appréciait bien le cabinet britannique, lorsqu’à cette occasion il dit ànotre ambassadeur : « Ce faible ministère Addington était si pressé designer la paix, qu’il a passé par-dessus tout sans élever aucune objec-tion; il s'aperçoit aujourd’hui que la Fi ance est grande, qu’elle tire lesconséquences de sa grandeur, et il veut déchirer le traité qu’il a signé ! »

Pendant cet échange de communications si vives entre la France etl’Angleterre, la Russie , qui avait reçu les réclamations des insurgéssuisses et les plaintes des Anglais, la Russie avait écrit à Paris une dé-pêche fort mesurée, dans laquelle ne reproduisant aucune des récrimi-nations de la Grande-Bretagne, elle insinuait cependant au premierconsul qu’il était nécessaire, pour conserver la paix, de calmer certainsombrages excités en Europe par la puissance de la république française,et que c’était à lui qu’il appartenait, par sa modération, par le respectde l’indépendance des Etats voisins, de détruire ces ombrages. C’étaitun conseil fort sage, qui avait trait à la Suisse , qui n’avait rien deblessant pour le premier consul, et qui allait bien à ce rôle de modé-rateur impartial, dont le jeune empereur semblait alors vouloir faire lagloire de son règne. Quant à la Prusse , elle avait déclaré quelle ap-prouvait fort le premier consul de ne pas souffrir en Suisse un foyerd’intrigues anglaises et autrichiennes ; qu’il avait raison de se bâter, etde ne pas donner le temps à ses ennemis de profiter de pareils em-barras ; qu’il aurait bien plus raison encore, s'il leur était tout prétextede se plaindre, en se gardant de renouveler à Paris la consulte de Lyon .Quant à l'Autriche enfin, elle affectait de ne pas s’en mêler, et elle nel’osait guère, ayant besoin de la France pour la suite des affairesallemandes.