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UVKE XVI.
Le premier consul était de l'avis de ses amis : il voulait agir vite ,et ne pas imiter à Paris la consulte de Lyon , c’est-à-dire ne pas se fairele président de la république helvétique. Au surplus, cette résistancedésespérée, que le patriotisme des Suisses devait lui opposer, disait-on,n'avait été que ce qu’elle devait être, une extravagance d cmigrés. Dèsque le colonel Rapp, arrivé à Lausanne , se présenta aux avant-postesdes insurgés, sans être suivi d'un soldat, et portant seulement la pro-clamation du premier consul, il trouva des gens tout à fait disposés àse soumettre. Le général Bachmauu, exprimant le regret de n’avoirpas vingt-quatre heures de plus, pour jeter le gouvernement helvétique dans le lac de Genève, se retira néanmoins sur Berne . Là on trouvaquelques dispositions à la résistance chez le parti des oligarques. Ceux-civoulaient absolument obliger la France à employer la force, croyant lacompromettre ainsi avec les puissances européennes . Leurs désirs allaientêtre satisfaits, car cette force arrivait en toute hâte. En effet, les troupesfrançaises placées à la frontière, sous les ordres du général Ney, en-trèrent, et dès lors le gouvernement insurrectionnel n’hésita plus à sedissoudre. Les membres dont il était composé se retirèrent, en décla-rant qu’ils cédaient à la violence. Partout ou se soumit avec facilité,excepté dans les petits cantons, où l’agitation était plus grande, et oùl’insurrection avait pris naissance. Cependant, là comme ailleurs, l’opi-nion des gens raisonnables finit par prévaloir à l’approche de nostroupes, et toute résistance sérieuse cessa en leur présence. Le général _franchis Serras, à la tète de quelques bataillons, s’empara de Lucerne ,de Stanz, de Scbvvitz, d’Allorf. M. Reding fut arrêté avec quelquesagitateurs ; les insurgés se laissèrent successivement désarmer. Le gou-vernement helvétique, réfugié à Lausanne, se rendit à Berne sousl’escorte du général Ney, qui s’y transporta de sa personne, suivi d uneseule demi-brigade. Eu peu de jours la ville de Constance, où s’étaitétabli l’agent anglais Moore, fut remplie d émigrés du parti oligarchique,revenant après avoir dépensé inutilement l’argent de l’Angleterre, etavouant tout haut le ridicule de cette échaulfourée. M. Moore revint àLondres, pour rendre compte du mauvais succès de cette Vendée hel-vétique, qu’on avait cherché à susciter dans les Alpes .
Cette promptitude de soumission avait un grand avantage, car elleprouvait que les Suisses , dont le courage, même contre une force supé-rieure, ne pouvait être mis en doute, ne se tenaient pas pour obligés,par honneur et par intérêt, à résister à l’intervention de la Fiance .